Bienvenue sur le site fédéral du GARAS, Groupement d'Action et de Réflexion AnarchoSyndicaliste... Certaines rubriques sont encore en chantier. Le sité s'étoffera avec le temps, cela dit, vous pouvez d'ores et déjà télécharger quelques-unes de nos publications, et consulter les diverses rubriques... Bonne lecture !

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   ACTUALITÉ DU SITE  


Ci-dessous, classés du plus récent au plus ancien, les derniers articles publiés par les groupes locaux ou adhérents isolés du GARAS...




Publié dans : Garas Marseille


Casse des retraites…

Ça continue !!!


    A
ujourd’hui, nous manifestons contre une nouvelle réforme des retraites. Le discours avancé et répété, qu’il est injuste que certains aient de meilleures conditions de travail, ne sert qu’à nous diviser. Ce qui est injuste c’est que nous n’ayons pas tous ces conditions de travail. Mais le gouvernement nous promet des réformes à la pelle, et demain, nous devrons lutter contre la réduction des effectifs de la fonction publique, après demain contre les privatisations, et encore et toujours, contre la destruction programmée et méthodique du droit du travail et plus généralement nos conditions de vie.
Hier la gauche, aujourd’hui la droite, et demain, une autre majorité, dont l’étiquette changera peut-être, mais pas les objectifs. Qu’elles soient estampillées droite ou gauche, les majorités politiques qui se succèdent évoluent toutes dans un même cadre : le système capitaliste. Et tant que nous subirons ce système sans le remettre radicalement en question, nous serons toujours en réaction comme aujourd’hui, à limiter la casse. Car, même s’il existe des différences entre les formations politiciennes de droite et de gauche dans la forme, elles ont toutes ce même point commun : elles gèrent, réglementent, modifient en surface, voire optimisent ce système basé sur la compétition entre les êtres humains. Qu’il soit ultralibéral, entièrement aux mains de l’Etat, ou à mi-chemin entre les deux, le capitalisme reste basé sur des valeurs d’individualisme, d’exploitation du travail à des fins de profit. Son socle reste la division de la société en classes sociales, dans une lutte acharnée et perpétuelle de la bourgeoisie pour garder le pouvoir économique et politique à son profit… et à nos dépens. Qu’il soit vaguement modéré par la gauche ou encouragé par la droite, ce système poursuit son offensive mondiale vers la rentabilité, et se renforce encore et toujours en dépit de nos tentatives de le freiner.

    La réforme des régimes spéciaux de retraite s’inscrit dans cette logique. Nous exploiter plus longtemps. Ne doutons pas que les réformes à venir sur les contrats de travail entre autres, auront également pour objectif de nous exploiter plus, de nous « rentabiliser » davantage.
L’année dernière, au prix d’une longue lutte, nous avons mis en échec le gouvernement sur une partie de la loi sur « l’égalité des chances », en faisant obstacle à la mise en place du CPE. Cette victoire est positive. Mais comme nous pouvons le constater, les capitalistes de tous bords reviennent perpétuellement à la charge avec de nouveaux projets.

    Il n’y a pas de solution miracle, ou de parti politique providentiel, qui puisse saboter ce rouleau compresseur. Seule la lutte paie. Mais si nous luttons aujourd’hui contre ces réformes et que nous arrivons à les modérer, comme nous y encouragent les grandes centrales syndicales,  sans pour autant s’en prendre au système qui les génère, nous restons dans une impasse : ce que nous gagnerons d’un coté, la classe dominante nous le reprendra de l’autre. Si nous ne luttons pas contre la source du problème, le capitalisme, mais nous contentons de répondre ponctuellement à ses attaques, nous serons appelés à nous mobiliser, et à nous re-mobiliser sans fin.
Pour que ces luttes aient un sens, pour ne pas s’épuiser dans ces batailles défensives répétées, il faut les conjuguer à un combat plus vaste, révolutionnaire, contre ce système qui voudrait nous faire croire qu’il est le seul légitime et viable. Il nous faut lutter, ici, maintenant, sur nos lieux de travail, dans notre vie quotidienne. Les anarcho-syndicalistes tentent d’explorer d’autres voies, par des pratiques autogérées, démocratiques, dans le but de construire dès aujourd’hui les bases d’un système structuré, plus juste, libre et égalitaire, demain.
Et parce que nous pensons que c’est nécessaire, nous vous invitons à nous rejoindre.

Groupement d’Action et de Réflexion Anarcho-syndicaliste de Marseille





Publié dans : Garas 34

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Génétique de l'agressivité ou agressivité de la génétique?

Du Collectif «La génétique est mythée»
genemythee@no-log.org
2007-11-21
Paru dans Archipel n°154, novembre 2007.

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    Il y a deux ans, un institut de santé publique (l'INSERM) établissait une soi-disant étude appelée «Troubles des conduites chez les enfants de trois ans» visant à faire croire que des signes de délinquance à venir peuvent être repérés et traités dès cet âge. En 2006, N. Sarkozy déclarait à l'Assemblée Nationale que «les mineurs de 1945 n'ont rien à voir avec les géants noirs des banlieues d'aujourd’hui», lançait la construction de prisons pour mineurs et laissait entendre qu'une partie de la population, jugée fondamentalement mauvaise, ne méritait rien d'autre que d'être passée au kärcher. En mars 2007, il affirmait que l'on peut naître selon lui «pédophile» ou «suicidaire».
 
    Ces différentes études et déclarations convergent vers l'idée que nos comportements seraient déterminés, codés par nos gènes (ou notre couleur de peau), ancrés en nous de manière définitive. L'éducation, la société, la culture, les discriminations n'y seraient pour rien ou si peu...
    Dans une société obsédée par la «sécurité» et la «délinquance», nourrie médiatiquement par la peur des jeunes, des terroristes, des pauvres, des étrangers, on cherche à définir des rapports entre les gènes et des comportements considérés comme déviants («troubles», «nervosité», «rébellion», «agressivité»...). Il s'agit d'identifier des personnes «malades de naissance» qu'il faudrait éduquer différemment, soigner, enfermer, contrôler, diriger vers des institutions spécialisées au plus tôt.
 
Une question scientifique, ou politique ?

    «Je crois comprendre qu'il pense que le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d'une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition: de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu'il arrive, quoi qu'on fasse, tout est déjà réglé par la nature.» Michel Onfray, philosophe, à propos de son entretien avec M. Sarkozy en mars 2007.
    Malgré l'abondance de la remise en cause de l'importance du déterminisme génétique, pourquoi certains scientifiques et politiciens continuent-ils, à grands renforts médiatiques, à faire croire à l'existence de gènes de la fidélité, de l'homosexualité, de l'agressivité chez les Noirs ou du suicide chez les jeunes, ainsi qu'à promouvoir des recherches dans ce sens?
L'importance que l'on accorde aux gènes ou à l'environnement n'est pas tant une question scientifique que politique. Elle implique avant tout une vision du type de société dans lequel on entend vivre. Poser l'importance du contexte environnemental, c'est concevoir qu'on ne naît ni bon, ni mauvais, que chaque individu peut évoluer si on lui en donne les moyens. C'est partir du principe que les êtres humains sont avant tout le reflet de la société dans laquelle ils vivent et que l'on peut à tout moment débattre collectivement de ce type de société et le faire évoluer en fonction de ce qui pourra être épanouissant pour chacun-e.
    Au contraire, dans l'histoire des idées, le déterminisme (ici déterminisme génétique) a généralement permis de justifier un ordre établi. Il a plus d'intérêt en tant que moyen de cautionner un état de fait et les stéréotypes qui l'accompagnent qu'en tant que moyen de modifier le monde.

Inné et acquis

    Pourquoi d'un point de vue politique, la conception du monde selon laquelle «l'inné» (les gènes) prédomine sur «l'acquis» (l'expérience) présente-elle de nombreux avantages pour les pouvoirs en place?
    Cette conception minimise la responsabilité de l'Etat et de l'organisation sociale dans les souffrances de la population. Affirmer la prédominance génétique de telle ou telle pathologie, c'est faire passer à l'arrière-plan le contexte social et environnemental. C'est couper l'herbe sous le pied de tous les individus et toutes les organisations politiques qui considèrent l'actuel système social comme la principale cause des souffrances psychiques, des maladies, des suicides et de la misère sociale.
    La fatalité du chromosome qui se substitue à la condition humaine et à son contexte, quoi de plus pratique en réalité pour une société qui ne sait plus comment traiter ses propres vices: ses inégalités sociales, son absence de perspectives en dehors de la consommation et du petit écran, son exploitation des 3/4 de la population mondiale pour la prospérité d'une minorité d'Occidentaux, ses ghettos et son rejet des étrangers... Nous voilà d'un coup de baguette magique déchargés d'inutiles remises en question et de dérangeantes introspections.

Justifier les discriminations par la «Nature»

    Plus profondément, cette idéologie donne ainsi un pseudo sens moral et «naturel» à certaines formes de discriminations «sociales». Certain-e-s seraient fait-e-s pour commander, d'autres pour être guidé-e-s, certain-e-s pour être riches, d'autres pour vivre dans des HLM...
    Pour ceux qui accordent un rôle primordial au déterminisme biologique, la Nature, équivalent à un dieu bienveillant, donnerait un rôle à chacun qu'il s'agirait de suivre. Des tenants du darwinisme social, en passant par les eugénistes nazis jusqu'aux néo-conservateurs d'aujourd'hui, la Nature ordonne de se mettre au service de son mari, des Blancs ou d'accepter que les échanges économiques reposent sur la loi du plus fort...
    En réalité, le discours d'une Nature intelligente dont il faudrait suivre les ordres a toujours servi d'argument à ceux qui voulaient entretenir leurs privilèges.
    Les luttes pour les droits des femmes ou contre la colonisation et les mouvements ouvriers ont heureusement prouvé que la Nature ne prévoyait pas que les dominés demeurent soumis aux normes qu'on tentait de leur imposer.
 
Encourager les logiques répressives et carcérales

    Cette conception du monde encourage les logiques répressives et carcérales. Si certains individus sont intrinsèquement agressifs ou pédophiles, ils sont incurables. Plutôt que de changer les rapports sociaux, il ne reste qu'à les repérer, les enfermer ou les «neutraliser» socialement par la camisole physique ou chimique. Cela permet de remplacer les expériences éducatives par des prisons pour mineurs et les pions par des caméras de vidéosurveillance, d'établir des quartiers entourés de barrières et de vigiles pour protéger les riches des pauvres aux gènes «mauvais».
    La logique du déterminisme génétique poussée à son extrémité peut faire renaître des formes d'eugénisme. L'eugénisme, c'est définir ce que serait un «bon» être humain dans une société réservée aux «valides» et justifier d'éliminer avant la naissance ceux qui auraient des gènes comportementaux considérés comme «handicapés».
 
Encourager une société gérée par des machines

    La promotion du déterminisme génétique nous familiarise avec un certain discours, certains mots, une certaine vision des êtres humains. Dans une société automatisée et gérée par des machines, la génétique participe à légitimer un rapport mathématique et binaire au monde. Face à des machines, la complexité des relations sociales disparaît, il n'y a plus possibilité de dialoguer, de négocier, de s'adapter au contexte et aux situations, «d'empathir».
    La promotion de la génétique comme une science exacte, rigoureuse, positive aide à faire accepter une société basée sur des outils de contrôle qui utilisent la génétique et plus généralement les outils qui caractérisent, sélectionnent, différencient les êtres humains en fonction des seules différences biologiques et corporelles.
    C'est le cas du fichage ADN, de machines de reconnaissance biométrique qui se multiplient dans les lycées ou les lieux de travail, des nouveaux passeports, des projets de puces informatiques implantées sous la peau pour suivre nos déplacements... A l'inverse, l'énorme propagande faite autour des enquêtes de police à base d'ADN aide à faire admettre petit à petit la génétique comme une science sur laquelle se reposer.
 


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Créer une grille de valeur réductrice des comportements


    Il y a plus de personnes qui volent pour survivre chez les pauvres, est-ce parce que ceux-ci ont des gènes différents ou parce que les situations désespérées, l'ennui, l'aliénation poussent à certaines formes de débrouille? Est-ce que les pauvres sont génétiquement plus violents ou est-ce que les médias stigmatisent plus volontiers leur violence? Pourquoi l'exploitation, l'accumulation de richesses, les magouilles financières et la cruauté punitive orchestrée quotidiennement par les classes dominantes n'apparaissent-elles jamais (ou presque) comme une violence, et surtout pas comme une tare génétique? Peut-on réellement réduire la violence tant qu'on ne change pas les inégalités, le racisme, le sexisme, la compétition économique sur laquelle se base notre société ?
    En fonction des contextes (sociaux, économiques, démographiques, et autres), certains comportements sont plus ou moins bien vus, plus ou moins utiles. On peut se poser la question de la valeur des comportements que l'on vise à attribuer aux gènes. L'agressivité, par exemple, est décriée chez les «jeunes des banlieues», et dans toute inscription dans un mouvement de contestation de l'ordre établi. Elle est par contre fortement valorisée par l'idéologie libérale en ce qui concerne les jeunes cadres blancs, poussés à se battre pour être les meilleurs sur le marché.
    Les définitions de la déviance et de la violence englobent aujourd'hui quasiment toutes les réactions de refus vis-à-vis de l'ordre établi ou de survie face à la misère économique, affective et sociale. Dans le rapport sur la prévention de la délinquance de l'INSERM, «l'attrait pour la nouveauté», «une diminution du sentiment de peur» sont catalogués dans les facteurs de «Trouble Oppositionnel avec Provocation» poussant à la violence. On ne voit plus les «jeunes» qu'en terme de potentiel de nuisance, pour questionner s'ils sont délinquants ou non. On s'apprête à créer un «enfant bulle» que l'on rêve inoffensif ou enfermé et médicamenté à la Ritaline s'il est trop actif. Des facteurs équivalents jugés nuisibles ne peuvent-ils pas en fonction de l'environnement et de l'analyse politique de la situation être ce qu'il y a de plus créatif? La capacité de prendre des risques, l'attrait pour la nouveauté ne sont-elles pas cruciales dans le développement d'une personnalité, d'un rapport autonome au monde?
 
Qui la génétique intéresse-t-elle ?

    La discrimination génétique présente par ailleurs un intérêt certain pour le système capitaliste. Pour une compagnie d'assurance ou une entreprise, sélectionner ses clients ou ses employés en fonction de leurs prédispositions génétiques représenterait un nouveau critère de rentabilité.
    Dès aujourd'hui, des discriminations génétiques se profilent par le biais des compagnies d'assurances ou des entreprises. En effet si on découvre qu'une personne a «un terrain génétique favorable à la maladie B32I, avec le risque de mourir dans un temps réparti entre 1 ans et 20 ans» alors que feront les assureurs, les patrons ? «Désolé, mais on ne peut pas prendre le risque de vous assurer, de vous employer, vous comprenez bien, 20 ans, si c'était sûr, se serait encore envisageable, mais un an, non on ne peut pas !».
Dans une société ou de plus en plus de gens sont fichés génétiquement, que se passera-t-il si ces fichiers sont utilisés par des employeurs, des compagnies d'assurances, des propriétaires...? Qui peut garantir que dans dix ans, le gouvernement ne leur en donnera pas l'accès ?
 
Que faire face à l'idéologie génétique ?

    Malgré la peur entretenue par les médias et politiciens, malgré l'envie de se soumettre pour l'illusion de plus de sécurité, il y a encore une résistance aux outils de surveillance et de contrôle, une méfiance vis-à-vis d'utilisations néfastes des sciences et nouvelles technologies, une volonté de protéger les libertés individuelles et publiques. Certains regroupements d'industriels le savent bien et n'hésitent pas à écrire dans leurs colloques privés qu'il va falloir proposer le plus possible d'applications récréatives ou orientées vers les enfants pour faire accepter ces outils à la population.
    Le retour actuel de l'idéologie génétique, reflet d'une société pourrissante, devrait rappeler dans la mémoire collective certaines des heures les plus sombres du 20ème siècle: celles ou l'on a pu arrêter et déporter des millions d'êtres humains parce qu'ils étaient «fichés» comme n'ayant pas la bonne «race» ou les bons comportements, celles où des eugénistes décidaient de stériliser de force les personnes de couleur ou les pauvres. Divers résistant-e-s de la Seconde guerre mondiale rappellent d'ailleurs aujourd'hui qu'ils ont pu agir et désobéir à l'époque parce que tout le monde n'était pas encore fiché parce que l'on ne pouvait pas encore contrôler à tout moment les faits et gestes des gens par des images vidéos, traces ADN, puces, machines biométriques1...
    Il est aujourd'hui de notre devoir moral de désobéir aussi, pendant qu'il en est encore temps. Ne nous laissons pas avoir par la propagande génétique et refusons de collaborer aux outils de contrôle qu'elle génère. Il est possible de refuser de répondre aux enquêtes ou à la base-élève2, de refuser catégoriquement de donner son ADN3 ou celui de ses enfants à la police ou à des organismes d'études, de faire pression sur les commanditaires des enquêtes ou ceux qui les autorisent (les rectorats par exemple...), de refuser les lois et organismes qui voudront trier les enfants et leur affirmer qu'ils naissent bons ou mauvais, de développer des formes de solidarité et d'éducation qui vont à l'encontre des discriminations sociales... Parlons autour de nous, organisons-nous collectivement.

Collectif «La génétique est mythée»
genemythee@no-log.org
Quelques sites internet permettent de se tenir informé des lois, des initiatives privées ou publiques qui vont dans ce sens:
www.indymedia.org
www.pasde0deconduite.ras.eu.org
www.ldh-france.org/


  1- Voir Archipel No 148 d'avril 2007, «Le devoir de désobéissance»

 2- Expérimenté depuis 2004 et généralisé d'ici quelques mois, le fichier «base-élève» recense les enfants scolarisés, leurs «origines» géographiques, la langue parlée au domicile, leur culture d'origine, leurs résultats et difficultés scolaires, l'absentéisme, l'éventuel suivi médical, psychologique ou psychiatrique, ou encore la situation de la famille. Dans le contexte sécuritaire évoqué plus haut, ce fichier risque d'aller dans le sens de la discrimination des populations dès le plus jeune âge, en partant de l'école.

 3- Pour faire pression sur la Justice française, le refus en masse est une possibilité. La saturation des tribunaux s'envisage, en effet, avec seulement 10% de refus. Plusieurs organisations soutiennent cette démarche: les Faucheurs volontaires, la Ligue des Droits de l'Homme, la Confédération Nationale du Travail (CNT), la CGT, les Verts et le Syndicat de la magistrature.






undefined L'INSERM, Les politiques de «prévention de la délinquance» et la génétique


L'INSERM c'est l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, un organisme public à caractère scientifique et technologique, placé sous la double tutelle du ministère de la Santé et du ministère de la Recherche.
En novembre 2005, le «rapport Bénisti», remis par le député UMP du même nom à l'Assemblée nationale, abondait dans ce sens. Basé sur une étude de l'INSERM, il prédéfinissait notamment les stigmates de la «délinquance» en fonction du comportement des enfants, dès l'âge de trois ans. Les origines étrangères y étaient présentées comme des circonstances aggravantes. Ce rapport provoqua un certain tollé, notamment chez les médecins et travailleurs sociaux lors de sa publication, jusqu'à entraîner des excuses publiques de l'INSERM.
Pourtant, deux ans plus tard, la nouvelle loi sur la «prévention de la délinquance» concrétise l'essentiel de ce projet. Votée en mars 2007, cette loi multiplie les outils de fichage des comportements jugés «déviants». Les agents sociaux (assistantes sociales, éducateurs...) sont désormais incités à jouer le rôle d'informateurs auprès des forces de police. Des fichiers municipaux rassemblant les personnes présentant des «difficultés» sociales, éducatives, psychiatriques et financières sont créés, consultables par les autorités. Les établissements scolaires sont également mis à contribution.
L'INSERM a récidivé cette année dans les lycées de Champagne-Ardenne où il a mené une enquête chez 4000 élèves sur le lien entre les gènes et consommation de stupéfiants avec un prélèvement ADN à la clé.
 



La généralisation du fichage ADN

«Les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès leur naissance.» Christian Estrosi remplaçant N. Sarkozy à une réunion européenne des ministres de l'Intérieur en 2007.
Début mai 2007, deux enfants de 8 et 11 ans étaient convoqués pour relever leurs empreintes génétiques. Motif? Avoir volé deux «Tamagotchi» et deux balles rebondissantes dans un hypermarché du Nord de la France. Suite à la protestation des parents et quelques articles dans la presse nationale, le procureur a finalement fait marche arrière.
Depuis mars 2003, la police réalise un prélèvement ADN des personnes présumées ou jugées coupables de presque toute action illégale, sans limite d'âge. Tag sur un panneau publicitaire, vol à l'étalage, fauchage d'un plant de maïs OGM, collage d'affiche, outrage au drapeau français... Les seuls délits écartés du fichage ADN sont ceux des riches et puissants: la corruption, les abus de biens sociaux. Avec la loi Sarkozy, le fichage génétique s'est démultiplié jusqu'à atteindre 330.000 personnes en 2006...
Des laboratoires en biotechnologies tentent cependant d'aller encore plus loin dans l'utilisation des gènes à des fins policières. Leurs recherches visent à déduire, d'un simple prélèvement ADN, un maximum d'informations sur son propriétaire: portrait-robot, groupe ethnique, maladies congénitales, séropositivité... C'est le cas de la firme états-unienne DNA Print Genomics, sollicitée par les polices du monde entier. Pour obtenir les échantillons d'ADN nécessaires à ses recherches, cette start-up effectue des campagnes de prélèvement génétique sur toute la planète. Elle sollicite notamment les clubs de généalogie, promettant à leurs membres de leur révéler leurs origines lointaines, en échange de leur ADN.

L'Express, 28/03/2007
 



undefined Cet article est initialement paru dans la Lettre de Liaison n°21. Pour télécharger ce numéro et lire l'article dans son contexte original, rendez-vous dans la rubrique Lettre de Liaison, ou cliquez ici pour y accéder.








Publié dans : Garas 44



undefined Défense de l’anarcho-syndicalisme (et de la CNT-AIT) contre les falsifications

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    Peu d’informations en image existent sur le syndicalisme d’action directe dont nous nous revendiquons également. On doit donc saluer la sortie récente d’un film documentaire amateur sur la question : « Et pourtant ils existent - Histoire du syndicalisme d’action directe », de Michel Mathurin (Acracia Film et Atelier du Soir), mai 2007. Il est téléchargeable sur internet: (http://videobaseproject.net/video115.html ; voir sur le site de partage emule).

    Présentant de réelles qualités pédagogiques, ce documentaire reconstitue l’histoire des organisations ouvrières et syndicales jusqu’à la fin du XXè siècle. Divers militants et deux historiens interviennent et apportent leurs éclairages. On peut cependant s’étonner de commentaires qui abusent le spectateur sur un point de détail : il s’agit de la scission qui a eu lieu au sein de la CNT-AIT en 1993.
    Même si c’est la voix du commentateur qui parle au moment que nous incriminons, on doit s’étonner que les deux historiens qui interviennent aient pu cautionner les propos falsificateurs qui sont tenus.
    Bon…, certains pourraient estimer qu’il faut laisser tomber. Certes, l’urgence est ailleurs. Mais nous pensons que c’est en conservant vigilance et rigueur que les dominés pourront construire des organisations révolutionnaires cohérentes et efficaces. Et ce n’est pas, au prétexte que les organisations révolutionnaires sont devenues, toutes, groupusculaires, qu’il faut mettre au placard des analyses et critiques de nos propres organisations. C’est en démasquant les erreurs du passé, les mensonges du présent que nous avancerons vers l’émancipation et la reprise en main de nos vie. Si l’on veut un exemple historique, il n’y a qu’à regarder comment, à vouloir aller trop vite, à privilégier l’action et l’efficacité sur la cohérence, la CNT espagnole s’est laissée, en 1936, emportée par des tendances bolcheviques et bureaucratiques [lire à ce sujet l’ouvrage documenté de Miguel Amoros : Durruti dans le labyrinthe, 2007, Encyclopédie des Nuisances]. Donc, nous estimons que ce genre de décryptage est nécessaire et utile.
    Voici le script d’un extrait du documentaire, ainsi que nos remarques qui visent à rétablir les faits : tout ce que nous avançons est basé sur des documents dont nous pouvons faire copie à qui nous en fait la demande. Comme vous allez le voir, la version présentée dans ce documentaire est partiale : elle vise en fait à réhabiliter la position défendue par la tendance de la CNT dite des « Vignoles » en travestissant et dénaturant la position prise par la CNT-AIT d’une part, en mentant sur la manière dont se sont déroulés les faits d’autre part. Nous avons des désaccords nets avec l’orientation prise et officialisée en 1993 par la CNT Vignoles (pour plus de détails, lire les Lettre de liaison n°7 et 8) ; nous avons également des désaccords sur certains points avec la CNT-AIT (lire la Lettre de Liaison n°18), points suffisants qui nous conduisent, au G.A.R.A.S., à rechercher une voie différente, qui nous semble plus cohérente, de mise en pratique de l’anarcho-syndicalisme pour espérer parvenir un jour à une société communiste libertaire. Cela ne nous empêche pas aujourd'hui de défendre les positions tenues alors par la CNT-AIT en 1993 puis par l’AIT en 1995 : il s’agit de rétablir les faits. A lire, pour tous les détails, analyses et documents, la brochure « Pourquoi la scission de 1993 dans la CNT-F? Eclaircissements sur la CNT-Vignoles » (2000).

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    Extrait pris à partir de la 52è minute :


    Commentaire off sur images d’archive :
« Le développement de la CNT entraîne une crise de croissance. Des camarades imprégnés d’une culture groupusculaire [1] contestent la nature syndicale de la CNT avec celle d’une organisation 100% anarchiste. Ils considèrent que les adhésions doivent être idéologiques et non de classe [2]. Ils remettent en cause la motion stratégique et la tactique temporaire de présentation exceptionnelle à certaines élections professionnelles [3]. Ces camarades vont scissionner  au Congrès des 6 et 7 février 1993 [4]. Les régions du Mans, Bordeaux, Toulouse quittent la CNT en maintenant le sigle CNT-AIT [5].
De cette rupture va se réaliser, grâce au mouvement social de décembre 1995, le développement d’une CNT plus syndicaliste. Cela entraîne de nouvelles adhésions et la création de nouveaux syndicats. »

    [Suit une énumération des nouveaux syndicats et une intervention de Michel Deschamps sur la représentativité syndicale].

    Commentaire off sur images d’archive :
« 1996. Au Congrès de l’AIT, la CNT Vignoles est exclue de l’Internationale. La CNT-AIT dont le siège est au Mans, est reconnue comme seule section de l’AIT [6]. »





undefined     [1] Une culture groupusculaire ?

    Au-delà de l’attaque qui ne repose sur aucun fait démontrable 15 ans après les évènements, que permet d’avancer une telle affirmation ? D’entrée de jeu, cela permet de psychologiser les motivations des militants de la CNT-AIT : ils seraient donc des tarés qui ne veulent rester qu’entre eux et qui ne veulent ni développer l’organisation, ni, arriver un jour au communisme libertaire. Ridicule !
    Accuser les autres d’être « imprégnés d’une culture groupusculaire », c’est vouloir, pour son propre compte, justifier des stratégies de développement contraires aux principes anarchosyndicalistes, mais pratiqués ou souhaités par la CNT Vignoles : se développer par les élections, dissimuler sa sensibilité anarchiste, entretenir la confusion entre  Syndicalisme Révolutionnaire et Anarchosyndicalisme, vouloir une  recomposition avec l’extrême-gauche.
    Là, c’est sûr, à la CNT-Vignoles, ils sont tout sauf groupusculaire ! Mais pour quelles avancées en direction du Communisme libertaire ? Aucune… 

    [2] Une organisation anarchiste ou de classe ?  

    Là aussi, cette affirmation ne repose sur rien : aucune décision ou motion n’indique qu’une partie homogène de la CNT d’avant 1993 souhaitait rompre avec une organisation de classe et aller vers une organisation idéologique, purement anarchiste (comme pouvait l’être la FAI dans l’Espagne de 1936). Là aussi, que permet d’avancer cette affirmation ? La fonction de cette attaque est que cela permet, avec le point [1] d’alourdir le cas et de noyer le poisson du point [3], plus difficile à faire passer.

    [3] Le refus des élections temporaires

    La CNT-AIT ne remet rien en cause : elle veut faire appliquer les résolutions de Congrès. La CNT est une Confédération, pas un réseau, et les décisions collectives doivent s’appliquer. Que pratique la CNT-Vignoles ? : des participations aux élections dans le privé comme dans le public, de manière durable, utilisées comme mode principal de développement, et tout cela sans rappeler et expliquer les positions confédérales dans le matériel de propagande.
    Or, que dit la « Motion stratégie » adoptée en mai 1989 au 23è Congrès :
« La CNT reconduit le principe de non-participation aux instances représentatives. Sous l’éclairage de ce principe et sous le contrôle des Unions Locales, le Congrès ne reconnaît la pratique de présentation exceptionnelle, tactique et temporaire, à des élections professionnelles, que dans les cas où les droits syndicaux ne seraient pas reconnus dans l’entreprise (Délégué syndical et représentant syndicale au Comité d’Entreprise dans le privé. En ce qui concerne la fonction publique, le problème ne se pose pas, puisque les droits minima sont acquis). […] Il est entendu que la présentation de candidats ne saurait être interprétée comme un passage obligé, d’autant que les élections professionnelles ne sont pas la garantie d’obtenir des droits syndicaux, et que d’autres formes d’action sont toujours possibles. Les positions de principe et les raisons justifiant l’intervention devront être clairement explicitées dans le matériel de propagande et/ou la déclaration d’intention. »
    De plus, avant même cette motion, un bilan –négatif– avait été tiré des expériences menées dans les années 1980 (lire la brochure « Les élections professionnelles contre le syndicalisme », CNT-AIT). Depuis 1989, toutes les élections prises par des syndicats (qui rejoindront en 1993 la CNT-Vignoles) sont donc contraires aux accords collectifs. A quoi donc cela rime-t-il de participer à une structure confédérale, à se réclamer du fédéralisme libertaire, si c’est pour bafouer des décisions collectives, détruire la confédération en ayant des pratiques de réseau ?

    [4] et [5] Ce serait donc la CNT-AIT qui aurait scissionné ?

    Si l’on se fie aux statuts de la CNT (qui, appliqués, permettent à la Confédération de fonctionner de manière fédérale et anti-autoritaire en évitant les coups de force et les pratiques de réseau), c’est bien les partisans des "Vignoles" qui sont les scissionnistes, car  les mandatés confédéraux (tous parisiens et pro"Vignoles")  ne se sont pas rendus, et malgré l’intervention de l’AIT, à trois instances de décision de la CNT : ils avaient donc scissionné en faisant croire que c’étaient les autres !
    Ce ne sont donc pas les Unions Régionales citées qui, en 1993,  « quittent la CNT »,  mais les syndicats des "Vignoles" qui la quittent en bafouant les statuts et en organisant un Congrès parallèle (6-7 fév. 1993) sans inviter les autres. Et ce sont les Vignoles, et non la CNT-AIT, qui ont usurpé le sigle CNT, et même AIT (au moins jusqu’en 1999, soit trois ans après leur exclusion de l’AIT). Très fort !!

    [6]  La reconnaissance par l’Association Internationale des Travailleurs (AIT)

    L’AIT, en décembre 1996, c’est 11 sections : si l’on tient compte des sections en difficulté ou trop éloignées, il reste en fait 5 sections amenées à se positionner sur ce sujet franco-français.  3 votèrent pour l’exclusion de la tendance "Vignoles", 1 demanda un délai de 3 ans pour tout réexaminer, 1 qui aurait dû voter leur exclusion en cas de participation avérée aux élections professionnelles : or, les délégués des "Vignoles" ont nié, ont sciemment menti lors de ce Congrès, alors que divers documents prouvent le contraire : un certain nombre de syndicats se présentaient régulièrement aux élections tant dans le privé que dans le public.


Un adhérent du GARAS de Nantes.



undefined Cet article est à l'origine paru dans la Lettre de Liaison n°20. Pour télécharger ce numéro et lire l'article dans son contexte original, rendez-vous dans la rubrique "La Lettre de Liaison" (menu ci-contre)...

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undefined POURQUOI L'ANARCHOSYNDICALISME ?



    Pourquoi remettre le système capitaliste en cause ? Pourquoi s’engager politiquement, et de quelle manière ? Ce texte a pour but d’aider à comprendre un peu mieux notre pensée et nos actions.

Parmi la population, il y a une proportion assez large qui admet l’existence d’un ensemble d’injustices et de problèmes graves, aussi bien dans notre société qu’à travers le monde entier. Beaucoup sont prêts à trouver anormal que l’on jette de la nourriture, alors que des personnes mendient pour manger; à déplorer la montée du chômage; à reconnaître et à critiquer la différence de développement entre le nord et le sud; à se rendre compte que l’on ne juge pas les délits de la même manière selon la place que l’accusé occupe dans la société; etc... Pourtant, ces même personnes ne veulent pas supprimer le système responsable de ces injustices, afin d’essayer une alternative. Pourquoi ?

Un ensemble de raisons permet de l’expliquer, mais il en est une, qui fait que même des gens actifs ne s’engageront pas dans une perspective révolutionnaire. Cette raison est la croyance en la possibilité de modifier le système de l’intérieur, de l’améliorer sans le changer radicalement, de le réformer. Certains pensent qu’il y a une marge de manœuvre suffisante au sein du capitalisme pour améliorer la condition humaine. Cette marge de manœuvre existe, mais il faut s’interroger sur ses limites.



    Réformer ce système ?

La limite fondamentale du système capitaliste est la notion de rentabilité, qui conditionne chacun de ses actes.
L’Etat lui-même est soumis à cet impératif, puisqu’il n’est que l’outil au service du patronat pour lui permettre d’accumuler de l’argent. Il dispose de nombreux moyens pour y arriver : la matraque, les lois, les aides sociales pour qu’on ne la ramène pas trop, les aides aux entreprises pour aider les intérêts privés au détriment de la collectivité, l’école pour nous préparer à la soumission et à la logique d’entreprise…
Pourtant on nous a ressassé de beaux et longs discours sur son rôle de service public, au niveau des entreprises qu’il contrôle, et sur sa fonction sociale, grâce aux aides qu’il accorde. Mais ces aspects n’ont toujours été que partiellement vrais, celui-ci se contentant de donner le minimum, en fonction de ses intérêts et de la pression qu’on exerçait sur lui.
Pendant la période de la guerre froide, il fallait éviter qu’une contestation trop forte ne se manifeste dans les pays occidentaux, dans le contexte de lutte larvée entre les deux blocs. Pour cela, on redistribuait une petite part de la richesse produite et accordait certains droits. Ces mesures furent possibles grâce à la croissance, favorisée par les USA (Plan Marshall, coopération économique...), et par le contexte de l’après guerre (reconstructions génératrices de marchés, essors technologiques...). Or, avec l’affaiblissement, puis la chute du bloc communiste, et l’arrivé de la crise économique, les motivations ne sont plus suffisantes pour continuer cette politique. De plus, la crise est un instrument de pression utilisé pour faire accepter les réformes libérales par la population, ainsi que des conditions de travail ressemblant à un diktat patronal pur et simple (heures sup. non payées, rareté des embauches définitives, réservoir de main d’œuvre important qui permet de licencier les plus récalcitrants).
La marge de manœuvre sociale dont nous disposons est étroitement liée au pouvoir politique, lui-même sous l’influence du pouvoir économique, et du contexte international. La maîtrise de nos conditions de vie nous échappe totalement.

undefined Un exemple de cette soumission à l’économie, aussi paradoxal que cela puisse paraître, est l’œuvre du front populaire, car peu de gens nous expliquent l’après 36 en France. Si cette année représente une étape dans l’acquisition de nos droits (suite à plusieurs luttes, et pas seulement grâce à l’arrivée du front populaire au pouvoir), une des conséquences des augmentations de salaire, des congés payés, de la réduction du temps de travail, fut l’augmentation des coûts de production pour les entreprises. Pour produire la même quantité, il fallut embaucher des employés supplémentaires pour compenser les heures accordées aux travailleurs; ou produire moins.

Dans un contexte économique plus favorable, ces mesures auraient peut-être été acceptées par les patrons et les financiers; mais là, ceux-ci se sont empressés de placer leurs capitaux à l’étranger, laissant la situation empirer. De surcroît, ils ont augmenté les prix de leurs produits “afin de compenser le manque à gagner”. Chaque entreprise en fournissant une autre, l’augmentation des prix se répercute en cascade jusqu’au consommateur. Ainsi non seulement la situation économique a continué à se dégrader, ce qui très rapidement a supprimé des emplois, mais en plus le pouvoir d’achat des travailleurs diminua au point d’annuler les effets bénéfiques des mesures de 36. Cela s’explique par l’inflation généralisée dont nous parlions précédemment.
Si l’on prend un exemple plus récent, lorsqu’en 81 la coalition de gauche arrive au pouvoir, et qu’elle indexe les salaires sur les prix, cette mesure alimente l’inflation pour le même type de raisons. Résultat, le gouvernement fait très vite machine arrière. On constate que des mesures visant à assurer un niveau de vie correct à l’ensemble de la population sont difficiles, voire impossibles à appliquer dans notre beau système (et que l’on ne nous fasse pas croire que les socialistes et les communistes, avec la formation économique poussée que certains ont, ne le savent pas).
Pour l’écologie, les limites sont de même nature. Si l’on se permet quelques mesures, auxquelles on trouve une utilité économique, comme le recyclage, ou l’épuration de l’eau effectuée au frais des usagers, dans la plupart des cas, des obstacles empêchent les améliorations les plus urgentes. Produire propre c’est produire cher. Et produire cher, c’est être moins compétitif, (cela se traduira par la suppression d’emplois, pour garder les mêmes bénéfices patronaux).
Voilà le type d’argument auquel on est confronté, alors que nous sommes en train de polluer notre propre planète. Mais est-ce l’intérêt d’ELF, ou d’autres grandes firmes pétrolières, de développer la recherche sur les carburants verts, les énergies non polluantes ? Quant au nucléaire, il s’agit d’une des grandes orientations du pays (merci De Gaulle entre autres). Après des milliards d’investissements, comment faire admettre qu’il faut reconvertir notre production d’électricité ?



   
    L’argent, les coûts, les profits, toujours les mêmes barrages derrière des discours bien préparés.

La marge de manœuvre dont nous parlions existe en système capitaliste, mais elle est totalement restreinte par l’économie, et notre fonctionnement politique. Nous ne maîtrisons aucun de ces deux éléments, puisque nous déléguons tous nos pouvoirs, toutes nos responsabilités, à une élite qui dirige les entreprises et le pays.
Le fait que les moyens de productions appartiennent à une minorité, nous rendra toujours dépendants de celle-ci. Et à cause de cela nous devons admettre la destruction de notre environnement, le massacre des populations pour écouler notre armement... La liste serait longue. Alors ce ne sont pas les quelques améliorations possibles dans le cadre du système actuel qui feront disparaître les problèmes dont nous souffrons.


   

    Que faire face à cette situation ? Attendre que les choses s’améliorent d’elles mêmes ? Compter sur les autres ?


Pour changer sa vie, il faut la prendre en main; pour la société, la démarche est identique. On ne peut rester là, à constater, sans chercher à intervenir. Ou alors nous nous condamnons à être de simples spectateurs, à subir sans jamais nous battre. S’acheter une conscience à bon marché, en soulageant le malheur de certains ne suffit pas. Les religions ont encouragé cette façon de procéder depuis des millénaires, mais elles n’ont guère participé à réduire les injustices et n’ont pas remis en question des sociétés totalement inégalitaires. Les liens entre religion et pouvoir étant nombreux, peut-être avaient-elles trop à perdre ? Pour revenir sur la question de l’engagement, il vaut mieux s’en prendre à ce qui cause les problèmes, au lieu de traiter les conséquences sans cesse

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    Remettre le système en question, comment mener une telle lutte ?

Lutter dans le cadre du système actuel, c’est obtenir une amélioration ponctuelle, une concession un peu plus durable, un recul sur un projet inacceptable, mais tout cela sera remis en cause tôt ou tard. Alors que les ministres n’ont qu’à promulguer des projets de loi, en touchant un confortable salaire, il nous faut nous mobiliser en masse, au risque pour ceux qui travaillent, de perdre leur paye, voire leur emploi.
Les luttes à répétition sur un même sujet usent les gens.
En restant dans le cadre de ce système, on se condamne à perdre dans le long terme. D’où la nécessité d’un engagement révolutionnaire.
Il existe plusieurs types d’engagement révolutionnaire.
Nous, anarchosyndicalistes, pensons qu’il faut éviter de recréer des structures de pouvoir au sein d’une organisation, sous peine de devoir se battre contre ce pouvoir par la suite. Chacun peut se rendre compte des abus qu’engendre le pouvoir partout sur cette planète. Alors pourquoi croire qu’un individu, ou un groupe d’individus, serait suffisamment juste et bon pour ne pas l’utiliser à des fins personnelles ? De plus, c’est l’existence du privilège qui rend jaloux celui qui ne le possède pas, et pousse l’autre à tout faire pour le conserver (créer un appareil répressif, par exemple).
Pourquoi ne pas supprimer cette source de conflit?
L’inégalité des droits, qu’elle soit économique, ou politique, pose toujours problème. Ce n’est pas en la maintenant sous la forme d’un pouvoir donné à quelques uns, que les choses s’amélioreront pour le plus grand nombre.
L’histoire tend à conforter cette analyse, puisque les expériences révolutionnaires, lorsqu’elles ne furent pas réprimées dans le sang, se sont toujours soldées par la confiscation de la révolution au profit d’un petit groupe, avec les résultats que l’on connaît.
Les divers systèmes se réclamant du marxisme sont tous des échecs, accompagnés de répressions violentes des personnes ne rentrant pas dans le cadre établi par le nouveau pouvoir (En U.R.S.S., dès 1918, Lénine et Trotsky commencent à réprimer, voir le témoignage de Voline à ce sujet). Au Mexique le P.R.I. (Parti Révolutionnaire Institutionnel) est au pouvoir depuis plus de 65 ans, et le peuple toujours dans la misère.
Les exemples ne manquent pas.
Nous proposons, pour éviter ces dérives, des assemblées générales souveraines, qui gèrent les réalités locales, et se fédèrent pour coordonner leurs actions à d’autres échelles. Elles fonctionnent avec des mandatés, contrôlables et révocables, qui se réunissent afin de répercuter les décisions prises par la base.
On peut également imaginer des organismes issus du fédéralisme, conçus pour exécuter des décisions, pour en accomplir la partie technique, mais qui ne décident pas des grandes orientations de la société. Le fédéralisme permet donc de s’organiser sur de vastes espaces.
Ces principes autogestionnaires ont pour avantage de responsabiliser l’individu, de lui offrir la possibilité, sans l’y obliger, de maîtriser son quotidien, et donc de devenir plus mature en arrêtant de suivre sans réfléchir ce que prône l’élite. Une organisation autogérée est donc le reflet des gens qui la composent; y entrer c’est en modifier le contenu par sa simple participation.
Ce ne sont là que quelques idées générales, mais qui nous permettent déjà de nous organiser de façon cohérente.
Des écrivains ont approfondi certaines questions, mais dans un mouvement libertaire, personne n’est considéré comme ayant trouvé la solution avec un grand S. Nous refusons les écrits sacrés: pas de bible, pas de coran, pas de torah, pas de capital... Ce qui peut paraître à certains comme une faiblesse, est en fait une force. Comme ce sont les gens qui décident par et pour eux-mêmes, ils adaptent leurs propositions en fonction des réalités auxquelles ils sont confrontés à un instant donné.
Ne serait-il pas ridicule d’élaborer l’organisation d’une société libertaire dans ses moindres détails aujourd’hui alors que la révolution n’est pas pour demain ? Les circonstances auront sans doute changé d’ici là.
Mais encore faut-il confronter ses idées aux réalités, et construire une organisation qui les mette en pratique.
Nous pensons que le syndicat correspond à cet objectif. Un syndicat qui intervient sur le quartier ou l’entreprise, qui peut être rural ou urbain, intercorporatif ou de branche, ouvert sur le culturel, l’économique, le social, l’idéologique. Un lieu de vie et d’échange, pas un syndicat uniquement pour défendre des revendications corporatives, comme on le voit souvent.

Tout cela résume la démarche anarcho-syndicaliste telle que nous la concevons. Elle présente un double avantage: disposer d’un outil de lutte qui nous appartient réellement afin de déjà obtenir des améliorations de nos conditions de vie, et avoir un cheminement logique, en améliorant nos idées au fur et à mesure de notre développement, jusqu’au moment de la révolution. Ce qui devrait nous amener à réorganiser la société sans perdre de temps. Dans de telles circonstances, restructurer l’économie (production et distribution), afin que les gens puissent subvenir à leur besoins, et que la révolution dispose de moyens nécessaires à sa réalisation, est essentiel.







Publié dans : Garas 44

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Le peu que nous avions arraché aux puissants…
… nous est aujourd’hui progressivement repris…


    Nous manifestons aujourd’hui contre une réforme des retraites. Mais le gouvernement nous promet des réformes à la pelle ! Et demain, nous devrons lutter contre la réduction des effectifs de la fonction publique, après demain contre les privatisations, et encore et toujours contre la destruction programmée et méthodique des acquis sociaux.

 
    Qu’elles soient estampillées droite ou gauche, les majorités politiques qui se succèdent évoluent toutes dans un même cadre : le système capitaliste. Même s’il existe des différences entre les formations politiciennes de droite et de gauche dans la forme, elles ont toutes ce même point commun : elles gèrent, réglementent, modifient en surface, et surtout optimisent un système basé sur la compétition entre les êtres humains : le capitalisme. Qu’il soit ultra-libéral comme dans les pays anglo-saxons, ou un peu plus régulé par l’État, le capitalisme reste basé sur des valeurs d’ultra-individualisme, d’exploitation du travail à des fins de profit. Son socle reste la division de la société en classes sociales, dans une lutte acharnée et perpétuelle de la bourgeoisie - de droite comme de gauche - pour garder le pouvoir économique et politique à son profit… et à nos dépens. Ces élites, économiques et politiques, n’ont jamais cessé, elles, de peser dans le rapport de force qui fait la réalité de la lutte des classes ; et tout cela, bien sûr, en évitant de provoquer des remous trop dangereux et trop risqués pour les intérêts qui sont les siens.
    ET nous là-dedans ? Où est notre action, notre poids dans cette lutte de classe ? Dans les partis qui nous dépossèdent ? Dans les grandes centrales syndicales, qui ne font finalement qu’écrêter les vagues de protestation en les endiguant, qui ne font que masquer les dysfonctionnements inhérents au système étatique-capitaliste (et ça, ça arrange bien les élites, comme l’actualité le montre !) ?
    La réforme des régimes spéciaux de retraite s’inscrit dans cette logique. Nous exploiter plus longtemps. Nous diviser, en avançant des ”privilèges”, alors que de vraies différences existent entre les salaires d’un patron, d’un ministre, d’un député, et les nôtres. Une autre différence de taille est que leurs salaires proviennent tous du fruit de notre propre travail, de notre exploitation donc.




Salaires mensuels :

- Président de la République : 6 751.93 € brut (à ajouter +140 %)

- Premier ministre : 20 693.16 € brut
-
Ministre : 13 795.41  € brut
- Secrétaire d’Etat : 13 105.5    €  brut
-
Député : 6 952 € brut (puis 5 178 € pendant 5 ans en cas de non réélection, puis 1 390 € à vie) - 10% des ménages les plus riches : 3 800 € brut par mois (en 2006)
- 10% des ménages les plus pauvres : 875 € brut par mois (en 2006)
- 85% des Français : moins de 2 000 € par mois
- 50% des Français : moins de 1 200 € par mois
- 90% des fonctionnaires SNCF : moins de 1000 € [retraite] par mois




    Ne doutons pas que les réformes à venir sur les contrats de travail entre autres, auront également pour objectif de nous exploiter plus, de nous « rentabiliser » davantage.
    undefined L’année dernière, au prix d’une longue lutte, nous avions mis en échec le gouvernement sur une partie de la loi sur « l’égalité des chances », en faisant obstacle à la mise en place du CPE. Cette victoire est positive. Mais comme nous pouvons le constater, les capitalistes du PS ou de l’UMP reviennent perpétuellement à la charge avec de nouveaux projets.
    Il n’y a pas de solution miracle, ou de parti politicien providentiel, qui puisse saboter ce rouleau compresseur. Seule la lutte paie. Si nous ne nous organisons pas contre la source du problème, le capitalisme (l’exploitation) et l’Etat (la dépossession), mais que nous nous contentons de répondre ponctuellement à ses attaques, nous serons appelés à nous mobiliser, et à nous re-mobiliser sans fin.
 
    Alors cessons de rêver sur les ‘‘30 glorieuses’’ ou d’envier une vie de bourgeois bien illusoire et nourrie de la misère des autres. N’est-il pas plus que temps de lier nos problèmes quotidiens avec une lutte globale contre cette société de la dépossession que l’on nous impose  ?
    Pour que ces luttes aient un sens, pour ne pas s’épuiser dans ces batailles défensives répétées, il faut les conjuguer à un combat plus vaste, révolutionnaire, contre ce système qui voudrait nous faire croire qu’il est le seul légitime. Il nous faut lutter pour une alternative, ici, maintenant, sur nos lieux de travail, dans notre vie quotidienne. L’échec du communisme totalitaire, en URSS ou ailleurs, nous prouve que le communisme étatisé et centralisé est dangereux.
    Les anarcho-syndicalistes explorent d’autres voies, par des pratiques de luttes autogérées, démocratiques, fédérales, qui tentent de construire dès aujourd’hui des modes de fonctionnement collectif structurés, cohérents, fédéraux  ; cela pour préparer une société  libre et égalitaire, demain.
    Et parce que nous pensons que c’est urgent et nécessaire, nous vous invitons à nous rejoindre.



Tract distribué à Nantes pendant le mouvement sur les retraites en octobre et novembre 2007






Publié dans : Garas 37


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SORTONS DE L'IMPASSE, GAGNONS NOS LUTTES !

_______________________


« [...] Les masses ouvrières sont toujours exploitées et opprimées par une minorité parasitaire qui, si elle ne disposait que de ses forces propres, ne pourrait maintenir sa domination un jour, une heure ! Cette minorité puise sa puissance dans le consentement inconscient de ses victimes : ce sont celles-ci – source de toute force – qui, en se sacrifiant pour la classe qui vit d’elles, créent et perpétuent le Capital, soutiennent l’État.
    Or, pas plus qu’aujourd’hui qu’hier, il ne peut suffire, pour abattre cette minorité, de disséquer les mensonges sociaux, qui lui servent de principes, de dévoiler son iniquité, d’étaler ses crimes. Contre la force brutale, l’Idée réduite à ses seuls moyens de persuasion est vaincue d’avance. C’est que l’Idée, la Pensée, tant belle soit-elle, n’est que bulle de savon, si elle ne s’étaye pas sur la Force, si elle n’est pas fécondée par elle.
    Donc, pour que cesse l’inconscient sacrifice des majorités à une minorité jouisseuse et scélérate, que faut-il ?

    Qu’il se constitue une force, capable de contrebalancer celle que la classe possédante et dirigeante tire de la veulerie et de l’ignorance populaires. Cette force, il appartient aux travailleurs conscients de la matérialiser : le problème consiste, pour ceux qui ont la volonté de se soustraire au joug que les majorités se créent, à réagir contre tant de passivité et à se rechercher, s’entendre, se mettre d’accord. [...] »    Émile Pouget (1908)



    Le rituel des journées de mobilisation nous est-il d’une quelconque utilité ? Quelles pressions sur le patronat, sur les décideurs, sur le pouvoir ? Qu’aurons-nous gagné de plus demain, après-demain, dans les semaines et les mois à venir ?
Les manifestations, organisées et cadrées par les bureaucraties syndicales et les politiciens, ne nous permettent pas de gagner les luttes. L’exemple du mouvement de 2003, qui s’est usé de manifestation en manifestation sans aboutir à la grève générale, est encore présent dans toutes les mémoires. À chaque fois que nous laissons les négociations se dérouler entre dirigeants qu’ils soient politiques, patronaux ou syndicaux, nos revendications sont jetées à la poubelle.

    Qu’on arrête de nous parler d’emploi, de pouvoir d’achat ! C’est bien avec l’exploitation et l’oppression que nous voulons en finir ! Ce n’est pas avec un peu plus de fric, ni avec un emploi salarié que tout ira au mieux !
    C’est en nous organisant nous-mêmes, sans hiérarchie, en utilisant les techniques de luttes efficaces, que nous renverserons le rapport de force qui nous oppose à la classe dirigeante qui nous exploite avec la collaboration des bureaucraties syndicales, et que nous nous donnerons les possibilités de faire aboutir nos revendications.

    C’est grâce aux méthodes de l’Action directe, techniques de lutte essentielles à la lutte de classe (voir plus bas) que nous pouvons nous approprier nos luttes. C’est par ce moyen que les ouvriers et les employés de CELLATEX, de DAEWOO, de MAC DO à Saint-Denis, etc., sont arrivés à faire céder leurs directions.
Pour cela, il nous faut rompre avec l’isolement et l’enfermement corporatistes et construire un vrai syndicalisme de classe dans le respect de la démocratie directe, où chaque individu a le même poids, le même pouvoir de décision, et dans le respect de l'émancipation de chacun.
Seule la solidarité financière, logistique et morale entre exploités et entre personnes en lutte permettra de maintenir le rapport de force en notre faveur.




«  [...] Ainsi, il s’avère que l’action directe, tout en proclamant inéluctable l’emploi de la force, prépare la ruine des régimes de force et de violence pour y substituer une société de conscience et de concorde. Et cela parce qu’elle est la vulgarisation, dans la vieille société d’autoritarisme et d’exploitation, des notions créatrices qui libèrent l’être humain : développement de l’individu, culture de la volonté, entraînement à l’action.
    De sorte qu’on peut conclure que l’action directe, outre sa valeur de fécondation sociale, porte en soi une valeur de fécondation morale, car elle affine et élève ceux qu’elle imprègne, les dégage de la gangue de passivité et les excite à s’irradier en force et en beauté. »    Émile Pouget (1908)



AGISSONS NOUS-MÊMES PAR L’ACTION DIRECTE
ET FÉDÉRONS NOS LUTTES
POUR ENFIN GAGNER NOS COMBATS
ET CONSTRUIRE UNE AUTRE SOCIÉTÉ !




ACTION DIRECTE
ET LUTTES SYNDICALES

PETIT GLOSSAIRE DES MOYENS ORDINAIRES


La liste suivante n’est pas exhaustive, d’autres moyens d’action existent : désobéissance civile, boycott, discrédit, protestation verbale, tracts, etc…
Si vous souhaitez plus d’infos, contactez-nous.


Coulage : Freiner la production en ralentissant les cadences de travail.

Débrayage : Cessation d'activité d'une durée maximum de quelques heures. Le débrayage exprime le mécontentement, il est souvent à l'origine d'une lutte plus importante en dévoilant des problèmes ignorés par les salariés. Le débrayage est utilisé comme moyen de pression dans des négociations à court terme ou pour des revendications mineures concernant les conditions de travail dans l'entreprise (manque de chauffage, problèmes de primes, de salissures ou de casse-croûte etc.).
Mairie de Blagnac - juin 2000. Les 14 vacataires de la mairie de Blagnac réclament depuis 1998, l'égalité des salaires entre titulaires et précaires. Un appel au débrayage est lancé pour le 13 avril 2000. Plus de 200 employés manifestent, le débrayage est un succès. Une reconduction du débrayage est décidée pour le 4 mai 2000. Légère baisse de la participation et surtout refus catégorique des autorités d'envisager les titularisations souhaitées. Devant la menace de nouvelles actions et le soutien de la population, la mairie annonce, le 31 mai 2000, une titularisation - sans conditions - dès septembre 2000 de tous ceux qui la revendiquaient.

LES GREVES : Elles peuvent être limitées ou illimitées. Cessation du travail par les salariés. Avantage : exprime une certaine radicalité, une participation à la lutte, bloque tout ou partie de la production. Inconvénient : perte de salaire importante pour les grévistes. L'établissement peut continuer à produire avec des intérimaires, des non-grévistes. La production peut être réalisée sur un autre site.

Grève avec occupation : Les grévistes investissent le secteur visé, évacuent les non-grévistes, détournent à leur profit la logistique : salles de réunions, réfectoires, dortoirs, photocopieuses, téléphones et véhicules.
Mossley Hellemes (Lille) juin 2001. 123 travailleurs de la filature Mossley occupent l'usine. L'occupation va durer 71 jours ponctuée par des actions de commandos diverses toujours accompagnées de destruction de matériel, y compris l'incendie d'une partie du stock de fibres textiles et la menace d'en brûler encore plus si les machines tenues en otage sont évacuées par la force. Ils obtiennent des indemnités de licenciement plus substantielles, qui devront d'ailleurs être payées par le conseil général.

Grève généralisée : Situation de grève touchant tout un secteur ou plusieurs secteurs de production ou bien une région, un pays ou un groupe de pays.
Exemple de la grève de 1995.

Grève générale : Grève intercatégorielle, intersectorielle sur un territoire donné région, pays, international. Action consciente et concertée, ce qui la différencie de la grève généralisée. A ce stade, les gens en lutte entendent défier leurs adversaires. Ils ne s'en remettent pas au verdict des urnes, ni au gouvernement qui en est issu, ni aux promesses à venir. Les gens en lutte, s'appuyant sur l'action directe, entendent ici et maintenant faire aboutir leurs revendications. La grève générale marque et exprime l'affrontement de classes clairement. Si elle est massive, le rapport de force est optimum et d'autres choix peuvent apparaître.
La dernière grève générale en France est celle de mai-juin 1968, elle a blessé mortellement la V° République mais sans réussir à abattre le système. Les principales centrales syndicales (CGT, CFDT) et le PCF ont montré à cette occasion leur incapacité à accompagner la grève générale insurrectionnelle qui rassemblait ouvriers, employés (sur 15 millions de travailleurs, près des deux-tiers firent grève) et étudiants...

Grève générale insurrectionnelle, grève générale expropriatrice : Les grévistes, pour diverses raisons, deviennent émeutiers, barricadiers. Le peuple se soulève ouvrant la perspective d'une possible expropriation des capitalistes : pour ce faire, les grévistes s'emparent des moyens de production, d'échange, de communication. Les entreprises, le commerce, les administrations sont placés sous le contrôle des comités de luttes. C'est le prélude à un changement social profond.
On trouve un exemple de grève générale expropriatrice et insurrectionnelle dans les événements du 19 juillet 1936 en Espagne.
Grève perlée : Débrayage d'une partie du personnel puis reprise tandis qu'une autre partie débraye et ainsi de suite. Avantage : perte de salaire minimum par individu tandis que l'établissement est pratiquement paralysé et que l'employeur paie ses salariés devenus peu productifs voire inactifs. L'employeur tentera de faire travailler les non-grévistes, l'encadrement ou les intérimaires, voire fermera l'entreprise pour un temps, afin d’éviter de verser des salaires à des gens inactifs.

Grève du zèle : Application stricte ou excessive des consignes, des règlements et des voies hiérarchiques, entravant ainsi le bon fonctionnement de la production.
Aéroport parisien. Une grève du zèle dans la sûreté aéroportuaire au début de l’été 2002, étendu sur plusieurs semaines, avait entraîné des retards quotidiens pouvant atteindre 2 à 3 heures : les agents de sûreté contrôlaient une plus grande proportion de bagages.

Lutte intra muros,  lutte extra muros : Soit la lutte se limite à l'intérieur de l'établissement, soit elle consiste à envahir et occuper tel établissement ou une administration favorable à l'employeur : DDTE, justice, mairie, local de parti politique, siège d'un journal, CCI, entreprise où a été transférée la production.
Avril 2004. Pour les précaires et les chômeurs, l’occupation est un des seuls modes d’actions possibles. Récemment leur mobilisation avec notamment plusieurs occupations d’antennes ASSEDIC, a permis, par exemple, la victoire des recalculés.

Manifestation de ville, nationale ou internationale : Elle fait découvrir le conflit, popularise la lutte, maintient la pression, permet de jauger le rapport de force.

Piquet de grève : Mise en place de barrages pour empêcher les non-grévistes de pénétrer dans l'établissement pour travailler et/ou pour empêcher la livraison des matières premières.

Production sauvage, vente sauvage : Les grévistes utilisent les machines de l'entreprise pour produire des biens qu'ils vendent directement à la population en en réduisant le prix ce qui satisfera tout le monde et apportera des liquidités aux grévistes. Et cela servira à maintenir la pression sur le patronat
ACT (ex Bull) Angers - février 2003. Les travailleurs de l'usine saisissent un stock de produits et détruisent symboliquement par le feu quelques centaines de cartes électroniques ; d'un autre côté, pendant quelques jours, ils remettent en marche une ligne de production de ces cartes.

Réappropriation : Reprise sous le contrôle des salariés des biens produits par l'entreprise c'est-à-dire par eux-mêmes.
Usine Bata de Moussey (Moselle) - juin 2001. Les portes de l'usine sont bloquées et les piquets de grève se relaient en permanence. Un stock de 450 000 paires de chaussures est sous la surveillance étroite des 875 salariés. La direction voudrait récupérer cette marchandise pour alimenter ses circuits de distribution, mais les ouvrières et ouvriers ont conscience que ce trésor est leur seule chance de survie. Le 6 juillet, les ouvriers occuperont deux magasins parisiens et distribueront les chaussures aux passants pour populariser leur action.

Sabotage : Cette méthode de lutte s’attaque au patron , soit par le ralentissement du travail qui permet au quotidien de souffler, soit en rendant les produits invendables, soit en immobilisant ou rendant inutilisable l’instrument de production. Mais conserver à l'esprit que la lutte doit nuire à l'employeur, pas aux usagers, eux-mêmes exploités et possibles chômeurs.
Usine Cellatex à Givet (Ardennes) - juillet 2000. Les 153 salariés apprennent que leur entreprise, filiale du groupe Rhône-Poulenc, va fermer et que leur patron s'est fait la malle. Pour se faire entendre, ils décident de déverser 5 000 litres d’acide sulfurique dans un canal de dérivation de la Meuse, et menacent de faire tout péter avec le stock de 47 000 litres de sulfure de carbone, un produit inflammable, explosif et toxique. À l’issue de deux semaines de conflit, ils ne sauvent pas l’usine mais partent avec une prime de 80 000 francs, un congé de conversion et 80 % de leur salaire pendant 12 mois.
L’action de pollution délibérée d’un cours d’eau est un procédé choquant. Ce geste, dans le cadre de la lutte chez Cellatex est cependant à relativiser. Face à une direction et des pouvoirs publics sourds à leurs revendications, il s’agit d’utiliser un des rares moyens de pression encore disponible. De plus, la pollution occasionnée est elle aussi à relativiser compte tenu des pollutions environnementales provoquées par les industries (Cellatex?), beaucoup plus massives et régulières et qui n’ont pas l’air de causer des masses d’état d’âme aux donneurs de leçon politiques, économiques et médiatiques!..
Autre information : l’ouverture de la vanne de déversement a été réalisée avec la superposition des mains d’une multitude de salariés grévistes, ce qui a empêché d’identifier, et donc de poursuivre, l’un d’entre eux.


Publié dans : Garas 37



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L'Action Directe
d'Emile Pouget


Cette brochure a été éditée entre autre par le groupe Garas de Tours.


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Emile Pouget - Le Sabotage



Le Sabotage
d'Emile Pouget


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undefined Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) = Danger !


Qu’est-ce qu’un OGM ?

   Un OGM est une plante ou un animal, qui, par une manipulation appelée transgenèse, a reçu dans son patrimoine génétique un gène étranger doté d’une fonction lui permettant d’acquérir certaines qualités (résistance à des agressions extérieures, vertus thérapeutiques) et d’en améliorer d’autres (croissance, maturation ou conservation).
Gène : morceau d’ADN (acide désoxyribonucléique) qui code un ou des caractère(s) héréditaire(s) propre(s) à un organisme vivant (exemple : avoir les yeux bleus ou marrons dépend des gènes).

A quoi sert un OGM ?

   Les transgenèses végétales sont destinées à donner aux plantes des moyens de résister à des herbicides, des insectes, à des virus ou des bactéries, à des champignons ou encore à des conditions de culture difficiles comme le gel ou la pollution des sols. Les transgenèses effectuées sur les animaux (bœufs, porcs et poissons) visent à augmenter la quantité et la qualité de leur viande, ou, sur les vaches, à intensifier la production de lait. D’autres manipulations génétiques visent à accélérer des processus comme l’affinage du fromage (on a ainsi modifié une bactérie afin qu’elle forme le goût et la texture du fromage quatre fois plus vite que la bactérie naturelle), ou comme le fonctionnement des levures entrant dans la fabrication du pain, des yaourts, du fromage et de la bière.
Ces manipulations n’ont qu’un seul but : rentabiliser la production et donc faire toujours plus de fric, au mépris de la santé des consommateurs et des risques sur l’environnement.

Il existe 4 types de risques :   

- liés à la transgenèse :

Les bactéries ou virus utilisés pour transférer un gène dans un organisme peuvent être d’origine infectieuse. Sortis du cadre contrôlé du laboratoire et lâchés dans la nature, ils peuvent muter rapidement, s’associer avec d’autres éléments dangereux et donner naissance à de nouvelles épidémies.

- liés à la culture :

Les plantes génétiquement modifiées pour résister à un herbicide chimique : la pollution des sols risque d’augmenter de manière fulgurante à cause de l’utilisation croissante de pesticides (les agriculteurs déverseront d’autant plus d’herbicides que leurs plantes modifiées y seront résistantes), et les plantes elles-mêmes étant polluées, risquent de nous transmettre cette pollution chimique.
Les plantes génétiquement modifiées pour résister à des insectes destructeurs : les plantes modifiées pour produire une toxine qui tue les insectes risquent d’entraîner chez eux une résistance à cette toxine. Donc l’utilisation de produits chimiques toujours plus toxiques et plus polluants va devenir obligatoire si les agriculteurs veulent conserver leur récolte.

- pour la santé humaine :

Les allergies : quand on mange un aliment à base d’OGM, il est impossible de connaître la provenance du gène transféré. Certaines personnes risquent de devenir soudain allergiques à des produits alimentaires avec lesquels elles n’auront jamais eu ce genre de problèmes.
La résistance de certains gènes aux antibiotiques : leur absorption par l’homme va provoquer une résistance accrue des bactéries aux antibiotiques, ce qui fait que certaines maladies seront de plus en plus difficiles à soigner. L’homme risque donc d’être exposé beaucoup plus souvent aux épidémies.
L’absorption d’herbicides déversées par les agriculteurs : les effets du Round-up (herbicide le plus vendu dans le monde et auquel sont résistantes certaines espèces) de la multinationale agro-alimentaire Monsanto sur la santé peuvent être très graves (irritations, dépressions cardiaques, vomissements).

- pour les pays défavorisés et l’ensemble des paysans de la planète :

Dire que les OGM sont créés afin de lutter contre la faim dans le monde est un pur mensonge. Le problème de l’alimentation dans le monde est un problème politique et non technique : il est le résultat d’une exploitation croissante, par les pays riches, des ressources des pays défavorisés,  ce qui rend ces derniers toujours plus dépendants des institutions financières internationales (type Fonds Monétaire International), sans possibilité, pour eux, d’acquérir l’autonomie. Les OGM sont créés pour maintenir cette dépendance par le développement de techniques complexes au niveau alimentaire dans des pays où l’agriculture n’est pas encore ou peu motorisée, par la détention du monopole des semences et des brevets sur le vivant.
       
Dans le monde, près de 44 millions d’hectares sont des surfaces d’OGM cultivés (environ deux fois la surface du  Royaume Uni). En France, depuis 1987, une quinzaine de plantes ont été expérimentées : le maïs et le colza
(les plus importantes), le tabac, la betterave, la pomme de terre, le melon, la tomate, la laitue, le peuplier, le tournesol, la chicorée, la vigne, le soja et la courgette.
A partir de 1999, 8 plantes génétiquement modifiées ont obtenu l’autorisation de mise sur le marché en Europe, dont du colza, une endive, du soja et du maïs. La rapidité de mise sur le marché des OGM n’a pas permis que soit mise en place autour d’eux une réelle réflexion. Les consommateurs sont désormais mis devant le fait accompli. Quelques lois ont certes été établies afin de faire croire à un véritable contrôle des OGM (comme la loi qui oblige les fabricants à étiqueter leurs produits que lorsque ceux-ci sont à base d’ingrédients contenant plus de 1% d’OGM - en dessous, paraît-il ce n’est pas nécessaire...). Elles sont en fait de la poudre aux yeux : il n’y a aucune transparence quant à la présence d’OGM dans ce que nous mangeons. Mais de toute façon, il est illusoire de penser qu’il pourra y en avoir une un jour : la distinction claire entre une filière OGM et une filière non OGM ne parviendra jamais à se faire, car il est impossible de maîtriser les disséminations dans l’environnement et les contaminations des autres plantes. Il est donc certain que d’ici peu, la totalité de notre alimentation, y compris biologique contiendra des OGM sans que nous le sachions : la sécurité alimentaire de tous est ainsi remise en question pour le seul profit de quelques uns.
   
La revendication de la possibilité pour le consommateur de choisir entre un produit issu de l’agriculture transgénique et un produit issu de l’agriculture traditionnelle ou biologique est non seulement impossible à satisfaire, mais en plus n’a aucun sens. Exiger cela revient non seulement à tolérer les cultures d’OGM et leurs nombreux dangers, mais en plus, revient à favoriser la contamination, à généraliser la présence des OGM dans notre alimentation et donc à légitimer le «tout OGM».  Par conséquent, et avant qu’il ne soit trop tard - ce «tout OGM» sera le coup d’envoi d’une des plus importantes catastrophes écologiques dans l’avenir - un refus massif et absolu de toute expérimentation, production et consommation d’OGM est nécessaire. En tant que consommateurs, nous devons avoir conscience de nos responsabilités face aux futures conséquences des OGM.  Dès aujourd’hui, chacun de nous peut lutter au quotidien (par le saccage de tous les champs d’OGM, par le boycott des produits issus d’OGM et par l’envoi de lettres aux fabricants signalant ce boycott ou tout simplement en faisant circuler l’information) en refusant d’être les cobayes du lobby de l’agro-alimentaire. Mais en parallèle est nécessaire la remise en question de la société capitaliste dans son ensemble, par la prise de conscience qu’elle est bien à l’origine des manipulations actuelles, autant génétiques que politiques.


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Reproduction d'un tract distribué à plusieurs reprises par le GARAS, certaines infos sont datées, mais la plupart restent d'actualité...




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L'insurrection de Cronstadt



L'insurrection de Cronstadt,
et la destinée de la révolution russe...

Texte d'Ante Ciliga, paru en 1938.




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