Tract Retraites, Octobre Novembre 2007

Publié le par GARAS Marseille



Casse des retraites…

Ça continue !!!


    A
ujourd’hui, nous manifestons contre une nouvelle réforme des retraites. Le discours avancé et répété, qu’il est injuste que certains aient de meilleures conditions de travail, ne sert qu’à nous diviser. Ce qui est injuste c’est que nous n’ayons pas tous ces conditions de travail. Mais le gouvernement nous promet des réformes à la pelle, et demain, nous devrons lutter contre la réduction des effectifs de la fonction publique, après demain contre les privatisations, et encore et toujours, contre la destruction programmée et méthodique du droit du travail et plus généralement nos conditions de vie.
Hier la gauche, aujourd’hui la droite, et demain, une autre majorité, dont l’étiquette changera peut-être, mais pas les objectifs. Qu’elles soient estampillées droite ou gauche, les majorités politiques qui se succèdent évoluent toutes dans un même cadre : le système capitaliste. Et tant que nous subirons ce système sans le remettre radicalement en question, nous serons toujours en réaction comme aujourd’hui, à limiter la casse. Car, même s’il existe des différences entre les formations politiciennes de droite et de gauche dans la forme, elles ont toutes ce même point commun : elles gèrent, réglementent, modifient en surface, voire optimisent ce système basé sur la compétition entre les êtres humains. Qu’il soit ultralibéral, entièrement aux mains de l’Etat, ou à mi-chemin entre les deux, le capitalisme reste basé sur des valeurs d’individualisme, d’exploitation du travail à des fins de profit. Son socle reste la division de la société en classes sociales, dans une lutte acharnée et perpétuelle de la bourgeoisie pour garder le pouvoir économique et politique à son profit… et à nos dépens. Qu’il soit vaguement modéré par la gauche ou encouragé par la droite, ce système poursuit son offensive mondiale vers la rentabilité, et se renforce encore et toujours en dépit de nos tentatives de le freiner.

    La réforme des régimes spéciaux de retraite s’inscrit dans cette logique. Nous exploiter plus longtemps. Ne doutons pas que les réformes à venir sur les contrats de travail entre autres, auront également pour objectif de nous exploiter plus, de nous « rentabiliser » davantage.
L’année dernière, au prix d’une longue lutte, nous avons mis en échec le gouvernement sur une partie de la loi sur « l’égalité des chances », en faisant obstacle à la mise en place du CPE. Cette victoire est positive. Mais comme nous pouvons le constater, les capitalistes de tous bords reviennent perpétuellement à la charge avec de nouveaux projets.

    Il n’y a pas de solution miracle, ou de parti politique providentiel, qui puisse saboter ce rouleau compresseur. Seule la lutte paie. Mais si nous luttons aujourd’hui contre ces réformes et que nous arrivons à les modérer, comme nous y encouragent les grandes centrales syndicales,  sans pour autant s’en prendre au système qui les génère, nous restons dans une impasse : ce que nous gagnerons d’un coté, la classe dominante nous le reprendra de l’autre. Si nous ne luttons pas contre la source du problème, le capitalisme, mais nous contentons de répondre ponctuellement à ses attaques, nous serons appelés à nous mobiliser, et à nous re-mobiliser sans fin.
Pour que ces luttes aient un sens, pour ne pas s’épuiser dans ces batailles défensives répétées, il faut les conjuguer à un combat plus vaste, révolutionnaire, contre ce système qui voudrait nous faire croire qu’il est le seul légitime et viable. Il nous faut lutter, ici, maintenant, sur nos lieux de travail, dans notre vie quotidienne. Les anarcho-syndicalistes tentent d’explorer d’autres voies, par des pratiques autogérées, démocratiques, dans le but de construire dès aujourd’hui les bases d’un système structuré, plus juste, libre et égalitaire, demain.
Et parce que nous pensons que c’est nécessaire, nous vous invitons à nous rejoindre.

Groupement d’Action et de Réflexion Anarcho-syndicaliste de Marseille




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