Garas 37



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SORTONS DE L'IMPASSE, GAGNONS NOS LUTTES !

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« [...] Les masses ouvrières sont toujours exploitées et opprimées par une minorité parasitaire qui, si elle ne disposait que de ses forces propres, ne pourrait maintenir sa domination un jour, une heure ! Cette minorité puise sa puissance dans le consentement inconscient de ses victimes : ce sont celles-ci – source de toute force – qui, en se sacrifiant pour la classe qui vit d’elles, créent et perpétuent le Capital, soutiennent l’État.
    Or, pas plus qu’aujourd’hui qu’hier, il ne peut suffire, pour abattre cette minorité, de disséquer les mensonges sociaux, qui lui servent de principes, de dévoiler son iniquité, d’étaler ses crimes. Contre la force brutale, l’Idée réduite à ses seuls moyens de persuasion est vaincue d’avance. C’est que l’Idée, la Pensée, tant belle soit-elle, n’est que bulle de savon, si elle ne s’étaye pas sur la Force, si elle n’est pas fécondée par elle.
    Donc, pour que cesse l’inconscient sacrifice des majorités à une minorité jouisseuse et scélérate, que faut-il ?

    Qu’il se constitue une force, capable de contrebalancer celle que la classe possédante et dirigeante tire de la veulerie et de l’ignorance populaires. Cette force, il appartient aux travailleurs conscients de la matérialiser : le problème consiste, pour ceux qui ont la volonté de se soustraire au joug que les majorités se créent, à réagir contre tant de passivité et à se rechercher, s’entendre, se mettre d’accord. [...] »    Émile Pouget (1908)



    Le rituel des journées de mobilisation nous est-il d’une quelconque utilité ? Quelles pressions sur le patronat, sur les décideurs, sur le pouvoir ? Qu’aurons-nous gagné de plus demain, après-demain, dans les semaines et les mois à venir ?
Les manifestations, organisées et cadrées par les bureaucraties syndicales et les politiciens, ne nous permettent pas de gagner les luttes. L’exemple du mouvement de 2003, qui s’est usé de manifestation en manifestation sans aboutir à la grève générale, est encore présent dans toutes les mémoires. À chaque fois que nous laissons les négociations se dérouler entre dirigeants qu’ils soient politiques, patronaux ou syndicaux, nos revendications sont jetées à la poubelle.

    Qu’on arrête de nous parler d’emploi, de pouvoir d’achat ! C’est bien avec l’exploitation et l’oppression que nous voulons en finir ! Ce n’est pas avec un peu plus de fric, ni avec un emploi salarié que tout ira au mieux !
    C’est en nous organisant nous-mêmes, sans hiérarchie, en utilisant les techniques de luttes efficaces, que nous renverserons le rapport de force qui nous oppose à la classe dirigeante qui nous exploite avec la collaboration des bureaucraties syndicales, et que nous nous donnerons les possibilités de faire aboutir nos revendications.

    C’est grâce aux méthodes de l’Action directe, techniques de lutte essentielles à la lutte de classe (voir plus bas) que nous pouvons nous approprier nos luttes. C’est par ce moyen que les ouvriers et les employés de CELLATEX, de DAEWOO, de MAC DO à Saint-Denis, etc., sont arrivés à faire céder leurs directions.
Pour cela, il nous faut rompre avec l’isolement et l’enfermement corporatistes et construire un vrai syndicalisme de classe dans le respect de la démocratie directe, où chaque individu a le même poids, le même pouvoir de décision, et dans le respect de l'émancipation de chacun.
Seule la solidarité financière, logistique et morale entre exploités et entre personnes en lutte permettra de maintenir le rapport de force en notre faveur.




«  [...] Ainsi, il s’avère que l’action directe, tout en proclamant inéluctable l’emploi de la force, prépare la ruine des régimes de force et de violence pour y substituer une société de conscience et de concorde. Et cela parce qu’elle est la vulgarisation, dans la vieille société d’autoritarisme et d’exploitation, des notions créatrices qui libèrent l’être humain : développement de l’individu, culture de la volonté, entraînement à l’action.
    De sorte qu’on peut conclure que l’action directe, outre sa valeur de fécondation sociale, porte en soi une valeur de fécondation morale, car elle affine et élève ceux qu’elle imprègne, les dégage de la gangue de passivité et les excite à s’irradier en force et en beauté. »    Émile Pouget (1908)



AGISSONS NOUS-MÊMES PAR L’ACTION DIRECTE
ET FÉDÉRONS NOS LUTTES
POUR ENFIN GAGNER NOS COMBATS
ET CONSTRUIRE UNE AUTRE SOCIÉTÉ !




ACTION DIRECTE
ET LUTTES SYNDICALES

PETIT GLOSSAIRE DES MOYENS ORDINAIRES


La liste suivante n’est pas exhaustive, d’autres moyens d’action existent : désobéissance civile, boycott, discrédit, protestation verbale, tracts, etc…
Si vous souhaitez plus d’infos, contactez-nous.


Coulage : Freiner la production en ralentissant les cadences de travail.

Débrayage : Cessation d'activité d'une durée maximum de quelques heures. Le débrayage exprime le mécontentement, il est souvent à l'origine d'une lutte plus importante en dévoilant des problèmes ignorés par les salariés. Le débrayage est utilisé comme moyen de pression dans des négociations à court terme ou pour des revendications mineures concernant les conditions de travail dans l'entreprise (manque de chauffage, problèmes de primes, de salissures ou de casse-croûte etc.).
Mairie de Blagnac - juin 2000. Les 14 vacataires de la mairie de Blagnac réclament depuis 1998, l'égalité des salaires entre titulaires et précaires. Un appel au débrayage est lancé pour le 13 avril 2000. Plus de 200 employés manifestent, le débrayage est un succès. Une reconduction du débrayage est décidée pour le 4 mai 2000. Légère baisse de la participation et surtout refus catégorique des autorités d'envisager les titularisations souhaitées. Devant la menace de nouvelles actions et le soutien de la population, la mairie annonce, le 31 mai 2000, une titularisation - sans conditions - dès septembre 2000 de tous ceux qui la revendiquaient.

LES GREVES : Elles peuvent être limitées ou illimitées. Cessation du travail par les salariés. Avantage : exprime une certaine radicalité, une participation à la lutte, bloque tout ou partie de la production. Inconvénient : perte de salaire importante pour les grévistes. L'établissement peut continuer à produire avec des intérimaires, des non-grévistes. La production peut être réalisée sur un autre site.

Grève avec occupation : Les grévistes investissent le secteur visé, évacuent les non-grévistes, détournent à leur profit la logistique : salles de réunions, réfectoires, dortoirs, photocopieuses, téléphones et véhicules.
Mossley Hellemes (Lille) juin 2001. 123 travailleurs de la filature Mossley occupent l'usine. L'occupation va durer 71 jours ponctuée par des actions de commandos diverses toujours accompagnées de destruction de matériel, y compris l'incendie d'une partie du stock de fibres textiles et la menace d'en brûler encore plus si les machines tenues en otage sont évacuées par la force. Ils obtiennent des indemnités de licenciement plus substantielles, qui devront d'ailleurs être payées par le conseil général.

Grève généralisée : Situation de grève touchant tout un secteur ou plusieurs secteurs de production ou bien une région, un pays ou un groupe de pays.
Exemple de la grève de 1995.

Grève générale : Grève intercatégorielle, intersectorielle sur un territoire donné région, pays, international. Action consciente et concertée, ce qui la différencie de la grève généralisée. A ce stade, les gens en lutte entendent défier leurs adversaires. Ils ne s'en remettent pas au verdict des urnes, ni au gouvernement qui en est issu, ni aux promesses à venir. Les gens en lutte, s'appuyant sur l'action directe, entendent ici et maintenant faire aboutir leurs revendications. La grève générale marque et exprime l'affrontement de classes clairement. Si elle est massive, le rapport de force est optimum et d'autres choix peuvent apparaître.
La dernière grève générale en France est celle de mai-juin 1968, elle a blessé mortellement la V° République mais sans réussir à abattre le système. Les principales centrales syndicales (CGT, CFDT) et le PCF ont montré à cette occasion leur incapacité à accompagner la grève générale insurrectionnelle qui rassemblait ouvriers, employés (sur 15 millions de travailleurs, près des deux-tiers firent grève) et étudiants...

Grève générale insurrectionnelle, grève générale expropriatrice : Les grévistes, pour diverses raisons, deviennent émeutiers, barricadiers. Le peuple se soulève ouvrant la perspective d'une possible expropriation des capitalistes : pour ce faire, les grévistes s'emparent des moyens de production, d'échange, de communication. Les entreprises, le commerce, les administrations sont placés sous le contrôle des comités de luttes. C'est le prélude à un changement social profond.
On trouve un exemple de grève générale expropriatrice et insurrectionnelle dans les événements du 19 juillet 1936 en Espagne.
Grève perlée : Débrayage d'une partie du personnel puis reprise tandis qu'une autre partie débraye et ainsi de suite. Avantage : perte de salaire minimum par individu tandis que l'établissement est pratiquement paralysé et que l'employeur paie ses salariés devenus peu productifs voire inactifs. L'employeur tentera de faire travailler les non-grévistes, l'encadrement ou les intérimaires, voire fermera l'entreprise pour un temps, afin d’éviter de verser des salaires à des gens inactifs.

Grève du zèle : Application stricte ou excessive des consignes, des règlements et des voies hiérarchiques, entravant ainsi le bon fonctionnement de la production.
Aéroport parisien. Une grève du zèle dans la sûreté aéroportuaire au début de l’été 2002, étendu sur plusieurs semaines, avait entraîné des retards quotidiens pouvant atteindre 2 à 3 heures : les agents de sûreté contrôlaient une plus grande proportion de bagages.

Lutte intra muros,  lutte extra muros : Soit la lutte se limite à l'intérieur de l'établissement, soit elle consiste à envahir et occuper tel établissement ou une administration favorable à l'employeur : DDTE, justice, mairie, local de parti politique, siège d'un journal, CCI, entreprise où a été transférée la production.
Avril 2004. Pour les précaires et les chômeurs, l’occupation est un des seuls modes d’actions possibles. Récemment leur mobilisation avec notamment plusieurs occupations d’antennes ASSEDIC, a permis, par exemple, la victoire des recalculés.

Manifestation de ville, nationale ou internationale : Elle fait découvrir le conflit, popularise la lutte, maintient la pression, permet de jauger le rapport de force.

Piquet de grève : Mise en place de barrages pour empêcher les non-grévistes de pénétrer dans l'établissement pour travailler et/ou pour empêcher la livraison des matières premières.

Production sauvage, vente sauvage : Les grévistes utilisent les machines de l'entreprise pour produire des biens qu'ils vendent directement à la population en en réduisant le prix ce qui satisfera tout le monde et apportera des liquidités aux grévistes. Et cela servira à maintenir la pression sur le patronat
ACT (ex Bull) Angers - février 2003. Les travailleurs de l'usine saisissent un stock de produits et détruisent symboliquement par le feu quelques centaines de cartes électroniques ; d'un autre côté, pendant quelques jours, ils remettent en marche une ligne de production de ces cartes.

Réappropriation : Reprise sous le contrôle des salariés des biens produits par l'entreprise c'est-à-dire par eux-mêmes.
Usine Bata de Moussey (Moselle) - juin 2001. Les portes de l'usine sont bloquées et les piquets de grève se relaient en permanence. Un stock de 450 000 paires de chaussures est sous la surveillance étroite des 875 salariés. La direction voudrait récupérer cette marchandise pour alimenter ses circuits de distribution, mais les ouvrières et ouvriers ont conscience que ce trésor est leur seule chance de survie. Le 6 juillet, les ouvriers occuperont deux magasins parisiens et distribueront les chaussures aux passants pour populariser leur action.

Sabotage : Cette méthode de lutte s’attaque au patron , soit par le ralentissement du travail qui permet au quotidien de souffler, soit en rendant les produits invendables, soit en immobilisant ou rendant inutilisable l’instrument de production. Mais conserver à l'esprit que la lutte doit nuire à l'employeur, pas aux usagers, eux-mêmes exploités et possibles chômeurs.
Usine Cellatex à Givet (Ardennes) - juillet 2000. Les 153 salariés apprennent que leur entreprise, filiale du groupe Rhône-Poulenc, va fermer et que leur patron s'est fait la malle. Pour se faire entendre, ils décident de déverser 5 000 litres d’acide sulfurique dans un canal de dérivation de la Meuse, et menacent de faire tout péter avec le stock de 47 000 litres de sulfure de carbone, un produit inflammable, explosif et toxique. À l’issue de deux semaines de conflit, ils ne sauvent pas l’usine mais partent avec une prime de 80 000 francs, un congé de conversion et 80 % de leur salaire pendant 12 mois.
L’action de pollution délibérée d’un cours d’eau est un procédé choquant. Ce geste, dans le cadre de la lutte chez Cellatex est cependant à relativiser. Face à une direction et des pouvoirs publics sourds à leurs revendications, il s’agit d’utiliser un des rares moyens de pression encore disponible. De plus, la pollution occasionnée est elle aussi à relativiser compte tenu des pollutions environnementales provoquées par les industries (Cellatex?), beaucoup plus massives et régulières et qui n’ont pas l’air de causer des masses d’état d’âme aux donneurs de leçon politiques, économiques et médiatiques!..
Autre information : l’ouverture de la vanne de déversement a été réalisée avec la superposition des mains d’une multitude de salariés grévistes, ce qui a empêché d’identifier, et donc de poursuivre, l’un d’entre eux.


Dimanche 27 janvier 2008



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L'Action Directe
d'Emile Pouget


Cette brochure a été éditée entre autre par le groupe Garas de Tours.


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Note : La brochure à télécharger est une version à imprimer : à l'écran, les pages apparaissent donc dans le désordre, mais une fois la brochure imprimée en A4, pliée et agrafée, elles retrouvent l'ordre de lecture normal...


Samedi 26 janvier 2008



Emile Pouget - Le Sabotage



Le Sabotage
d'Emile Pouget


Cette brochure a été éditée entre autre par le groupe Garas de Tours.


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Samedi 26 janvier 2008


undefined Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) = Danger !


Qu’est-ce qu’un OGM ?

   Un OGM est une plante ou un animal, qui, par une manipulation appelée transgenèse, a reçu dans son patrimoine génétique un gène étranger doté d’une fonction lui permettant d’acquérir certaines qualités (résistance à des agressions extérieures, vertus thérapeutiques) et d’en améliorer d’autres (croissance, maturation ou conservation).
Gène : morceau d’ADN (acide désoxyribonucléique) qui code un ou des caractère(s) héréditaire(s) propre(s) à un organisme vivant (exemple : avoir les yeux bleus ou marrons dépend des gènes).

A quoi sert un OGM ?

   Les transgenèses végétales sont destinées à donner aux plantes des moyens de résister à des herbicides, des insectes, à des virus ou des bactéries, à des champignons ou encore à des conditions de culture difficiles comme le gel ou la pollution des sols. Les transgenèses effectuées sur les animaux (bœufs, porcs et poissons) visent à augmenter la quantité et la qualité de leur viande, ou, sur les vaches, à intensifier la production de lait. D’autres manipulations génétiques visent à accélérer des processus comme l’affinage du fromage (on a ainsi modifié une bactérie afin qu’elle forme le goût et la texture du fromage quatre fois plus vite que la bactérie naturelle), ou comme le fonctionnement des levures entrant dans la fabrication du pain, des yaourts, du fromage et de la bière.
Ces manipulations n’ont qu’un seul but : rentabiliser la production et donc faire toujours plus de fric, au mépris de la santé des consommateurs et des risques sur l’environnement.

Il existe 4 types de risques :   

- liés à la transgenèse :

Les bactéries ou virus utilisés pour transférer un gène dans un organisme peuvent être d’origine infectieuse. Sortis du cadre contrôlé du laboratoire et lâchés dans la nature, ils peuvent muter rapidement, s’associer avec d’autres éléments dangereux et donner naissance à de nouvelles épidémies.

- liés à la culture :

Les plantes génétiquement modifiées pour résister à un herbicide chimique : la pollution des sols risque d’augmenter de manière fulgurante à cause de l’utilisation croissante de pesticides (les agriculteurs déverseront d’autant plus d’herbicides que leurs plantes modifiées y seront résistantes), et les plantes elles-mêmes étant polluées, risquent de nous transmettre cette pollution chimique.
Les plantes génétiquement modifiées pour résister à des insectes destructeurs : les plantes modifiées pour produire une toxine qui tue les insectes risquent d’entraîner chez eux une résistance à cette toxine. Donc l’utilisation de produits chimiques toujours plus toxiques et plus polluants va devenir obligatoire si les agriculteurs veulent conserver leur récolte.

- pour la santé humaine :

Les allergies : quand on mange un aliment à base d’OGM, il est impossible de connaître la provenance du gène transféré. Certaines personnes risquent de devenir soudain allergiques à des produits alimentaires avec lesquels elles n’auront jamais eu ce genre de problèmes.
La résistance de certains gènes aux antibiotiques : leur absorption par l’homme va provoquer une résistance accrue des bactéries aux antibiotiques, ce qui fait que certaines maladies seront de plus en plus difficiles à soigner. L’homme risque donc d’être exposé beaucoup plus souvent aux épidémies.
L’absorption d’herbicides déversées par les agriculteurs : les effets du Round-up (herbicide le plus vendu dans le monde et auquel sont résistantes certaines espèces) de la multinationale agro-alimentaire Monsanto sur la santé peuvent être très graves (irritations, dépressions cardiaques, vomissements).

- pour les pays défavorisés et l’ensemble des paysans de la planète :

Dire que les OGM sont créés afin de lutter contre la faim dans le monde est un pur mensonge. Le problème de l’alimentation dans le monde est un problème politique et non technique : il est le résultat d’une exploitation croissante, par les pays riches, des ressources des pays défavorisés,  ce qui rend ces derniers toujours plus dépendants des institutions financières internationales (type Fonds Monétaire International), sans possibilité, pour eux, d’acquérir l’autonomie. Les OGM sont créés pour maintenir cette dépendance par le développement de techniques complexes au niveau alimentaire dans des pays où l’agriculture n’est pas encore ou peu motorisée, par la détention du monopole des semences et des brevets sur le vivant.
       
Dans le monde, près de 44 millions d’hectares sont des surfaces d’OGM cultivés (environ deux fois la surface du  Royaume Uni). En France, depuis 1987, une quinzaine de plantes ont été expérimentées : le maïs et le colza
(les plus importantes), le tabac, la betterave, la pomme de terre, le melon, la tomate, la laitue, le peuplier, le tournesol, la chicorée, la vigne, le soja et la courgette.
A partir de 1999, 8 plantes génétiquement modifiées ont obtenu l’autorisation de mise sur le marché en Europe, dont du colza, une endive, du soja et du maïs. La rapidité de mise sur le marché des OGM n’a pas permis que soit mise en place autour d’eux une réelle réflexion. Les consommateurs sont désormais mis devant le fait accompli. Quelques lois ont certes été établies afin de faire croire à un véritable contrôle des OGM (comme la loi qui oblige les fabricants à étiqueter leurs produits que lorsque ceux-ci sont à base d’ingrédients contenant plus de 1% d’OGM - en dessous, paraît-il ce n’est pas nécessaire...). Elles sont en fait de la poudre aux yeux : il n’y a aucune transparence quant à la présence d’OGM dans ce que nous mangeons. Mais de toute façon, il est illusoire de penser qu’il pourra y en avoir une un jour : la distinction claire entre une filière OGM et une filière non OGM ne parviendra jamais à se faire, car il est impossible de maîtriser les disséminations dans l’environnement et les contaminations des autres plantes. Il est donc certain que d’ici peu, la totalité de notre alimentation, y compris biologique contiendra des OGM sans que nous le sachions : la sécurité alimentaire de tous est ainsi remise en question pour le seul profit de quelques uns.
   
La revendication de la possibilité pour le consommateur de choisir entre un produit issu de l’agriculture transgénique et un produit issu de l’agriculture traditionnelle ou biologique est non seulement impossible à satisfaire, mais en plus n’a aucun sens. Exiger cela revient non seulement à tolérer les cultures d’OGM et leurs nombreux dangers, mais en plus, revient à favoriser la contamination, à généraliser la présence des OGM dans notre alimentation et donc à légitimer le «tout OGM».  Par conséquent, et avant qu’il ne soit trop tard - ce «tout OGM» sera le coup d’envoi d’une des plus importantes catastrophes écologiques dans l’avenir - un refus massif et absolu de toute expérimentation, production et consommation d’OGM est nécessaire. En tant que consommateurs, nous devons avoir conscience de nos responsabilités face aux futures conséquences des OGM.  Dès aujourd’hui, chacun de nous peut lutter au quotidien (par le saccage de tous les champs d’OGM, par le boycott des produits issus d’OGM et par l’envoi de lettres aux fabricants signalant ce boycott ou tout simplement en faisant circuler l’information) en refusant d’être les cobayes du lobby de l’agro-alimentaire. Mais en parallèle est nécessaire la remise en question de la société capitaliste dans son ensemble, par la prise de conscience qu’elle est bien à l’origine des manipulations actuelles, autant génétiques que politiques.


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Reproduction d'un tract distribué à plusieurs reprises par le GARAS, certaines infos sont datées, mais la plupart restent d'actualité...




Samedi 26 janvier 2008



L'insurrection de Cronstadt



L'insurrection de Cronstadt,
et la destinée de la révolution russe...

Texte d'Ante Ciliga, paru en 1938.




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Samedi 26 janvier 2008

    
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LE CAPITALISME EST TOUJOURS D’ATTAQUE…
…PASSONS À L’OFFENSIVE !



    Aujourd’hui, nous manifestons contre une réforme des retraites. Mais le gouvernement nous promet des réformes à la pelle, et demain, nous devrons lutter contre la réduction des effectifs de la fonction publique, après demain contre les privatisations, et encore et toujours contre la destruction programmée et méthodique des acquis sociaux.
Hier la gauche, aujourd’hui la droite, et demain, une autre majorité, dont l’étiquette changera peut-être, mais pas les objectifs. Qu’elles soient estampillées droite ou gauche, les majorités politiques qui se succèdent évoluent toutes dans un même cadre : le système capitaliste. Et tant que nous subirons ce système sans le remettre radicalement en question, nous avons de beaux jours de lutte devant nous, jusqu’à épuisement. Car, même s’il existe des différences entre les formations politiciennes de droite et de gauche dans la forme, elles ont toutes ce même point commun : elles gèrent, réglementent, modifient en surface, voire optimisent un système basé sur la compétition entre les êtres humains ; le capitalisme. Qu’il soit ultra-libéral comme dans les pays anglo-saxons, ou un peu plus régulé par l’État, le capitalisme reste basé sur des valeurs d’individualisme, d’exploitation du travail à des fins de profit. Son socle reste la division de la société en classes sociales, dans une lutte acharnée et perpétuelle de la bourgeoisie pour garder le pouvoir économique et politique à son profit… et à nos dépens. Bref, qu’on lui donne une touche sociale ou libérale, le capitalisme reste ce qu’il est. Qu’il soit vaguement modéré par la gauche ou encouragé par la droite, ce système poursuit son offensive mondiale vers la rentabilité, et se renforce encore et toujours en dépit de nos tentatives de le freiner.
La réforme des régimes spéciaux de retraite s’inscrit dans cette logique. Nous exploiter plus longtemps (sachant qu’un allongement progressif de la durée de cotisation est d’ores et déjà planifié pour les années qui viennent). Ne doutons pas que les réformes à venir sur les contrats de travail entre autres, auront également pour objectif de nous exploiter plus, de nous « rentabiliser » davantage.
L’année dernière, au prix d’une longue lutte, nous avons mis en échec le gouvernement sur une partie de la loi sur « l’égalité des chances », en faisant obstacle à la mise en place du CPE. Cette victoire est positive. Mais comme nous pouvons le constater, les capitalistes du PS ou de l’UMP reviennent perpétuellement à la charge avec de nouveaux projets.
Il n’y a pas de solution miracle, ou de parti politicien providentiel, qui puisse saboter ce rouleau compresseur. Seule la lutte paie. Mais si nous luttons aujourd’hui contre ces réformes et que nous arrivons à les modérer sans pour autant s’en prendre au système qui les génère, comme nous y encouragent les grandes centrales syndicales, cela n’aura servi à rien : ce que nous gagnerons d’un coté, la classe dominante nous le reprendra de l’autre. Si nous ne luttons pas contre la source du problème, le capitalisme, mais nous contentons de répondre ponctuellement à ses attaques, nous serons appelés à nous mobiliser, et à nous re-mobiliser sans fin.
Pour que ces luttes aient un sens, pour ne pas s’épuiser dans ces batailles défensives répétées, il faut les conjuguer à un combat plus vaste, révolutionnaire, contre ce système qui voudrait nous faire croire qu’il est le seul légitime. Il nous faut lutter pour une alternative, ici, maintenant, sur nos lieux de travail, dans notre vie quotidienne. L’échec du communisme totalitaire, en URSS ou ailleurs, nous prouve que le communisme étatisé et centralisé est dangereux. Les anarcho-syndicalistes tentent d’explorer d’autres voies, par des pratiques de luttes autogérées, démocratiques, qui tentent de construire dès aujourd’hui les bases d’un système structuré, plus juste, libre et égalitaire, demain.
Et parce que nous pensons que c’est nécessaire, nous vous invitons à nous rejoindre.


Reproduction d'un tract du GARAS 37, distribué lors des manifestations d'octobre et novembre 2007 sur les retraites...



Dimanche 6 janvier 2008



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L'autogestion, c'est pas de la tarte !
Quelques réflexions sur la pratique de l'autogestion, et sur le fonctionnement collectif...


Cette brochure a été reprise de Iosk Editions, et éditée entre autre par le groupe Garas de Tours.


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Dimanche 6 janvier 2008


    Ci-dessous, la reproduction d'un texte que nous avons parfois distribué à l'occasion de divers mouvements sociaux auxquels nous participions. Il peut servir de piste de réflexion pour éviter la récupération et la manipulation d'une lutte par quelques leaders autoproclamés, en décrivant quelques principes simples de l'autogestion...


Pour des assemblées générales démocratiques et efficaces


    L’assemblée générale est un lieu où des individus décident de s’organiser pour résoudre des problèmes concrets et débattre, par exemple lors d’une grève pour décider la façon de mener le mouvement. Selon nous, tout doit se décider en assemblée générale. Nous tenons à être clair : en aucun cas il ne peut y avoir de décisions prises par quelques uns au nom de tous. Toute apparition de leaders aboutit inévitablement au détournement de la lutte de ses objectifs premiers : soumission de la lutte aux intérêts d’une chapelle politique ou syndicale, accords signés sur le dos des travailleurs en échange de promotions personnelles, etc… Grâce à la pratique collective de l’AG nous reprenons notre droit à dire ce que nous pensons, et décider de ce qui est bon pour nous ou pas ; la solidarité peut alors se substituer à l’égoïsme habituel. Cela n’est cependant possible que si l’assemblée est l’endroit où s’exprime la démocratie directe, c’est à dire que tout le monde est mis sur un pied d’égalité quel que soit son statut, sa position hiérarchique, son contrat, sa culture, son sexe, sa capacité à s’exprimer, sa profession…
Comment cela se concrétise-t-il ? Sans un minimum de rigueur et d’organisation une AG peut vite devenir un cirque sans intérêt où règnent une poignée de militants. C’est pourquoi l’implication active du plus grand nombre ainsi que quelques règles de fonctionnement sont nécessaires, afin d’éviter le bordel et l’apparition d’une direction du mouvement :

·    Un ordre du jour doit être adopté collectivement au début de l’AG (si nécessaire, une commission de préparation de l’AG peut être nommée, avec des mandatés de secteur s’il s’agit d’une AG regroupant plusieurs secteurs, et des observateurs pour vérifier que les mandatés respectent les décisions de la base : en aucun cas ne doit apparaître un comité ou un bureau qui contrôlerait ou modifierait ce qui est décidé par les grévistes, et aucun parti ou syndicat ne doit avoir de place réservée). Toute personne (ou AG de secteur) ayant un point à mettre doit pouvoir le faire. Il est préférable que l’ordre du jour soit écrit sur un tableau, comme ça tout le monde sait où on en est et de quoi on parle (au lieu de parler de tout en même temps, ce qui mène à l’inefficacité).
·    Chacun doit pouvoir s’exprimer. Pour ce faire, il faut élire un président de séance qui note et distribue les tours de parole dans l’ordre où ils ont été demandés. Il doit aussi intervenir quand quelqu’un fait trop long, ou sort du point à l’ordre du jour. Il est bien sûr révocable s’il remplit mal sa tâche ou abuse de son mandat (en influençant les débats et les décisions, en censurant, en intervenant trop souvent pour donner son point de vue…), et devrait tourner à chaque AG. Bien sûr, tout le monde doit se sentir responsable du bon déroulement d’une AG, en respectant la parole de l’autre par exemple, mais sans président de séance on assiste bien souvent à la monopolisation de la parole par quelques-uns, ou au bordel.
·    Si l’AG décide de créer des commissions elles n’ont pas de rôle décisionnel, mais doivent seulement faire un travail technique déterminé par l’AG, élaborer des propositions dans un but précis, et rendre des comptes à l’AG. Faisons attention à ce que l’AG ne devienne pas un endroit où l’on vote rapidement ce qui vient des commissions, car on peut vite se reposer sur les gens y participant pour réfléchir et proposer à notre place.
·    Pour une tâche à accomplir il faut définir un mandat précis (quoi faire et comment), et désigner une, ou des personnes, pour accomplir ce mandat.
·    La prise de décision : sans vote, ce sont très souvent les quelques personnes s’exprimant le mieux qui formulent la décision, et la font passer en considérant qu’une majorité s’est dégagée. D’après nous le vote est nécessaire, car les décisions prises sans voter ne permettent pas vraiment à des gens en désaccord de l’exprimer, ne serait-ce que pour la simple raison que tout le monde n’ose pas parler en public. Ce qui revient à priver de son droit à la décision l’essentiel des participants à l’AG, tout en leur donnant l’impression d’exister au travers de quelques leaders. Un point, un débat, un vote, est la procédure la plus simple. De plus, les décisions doivent être clairement formulées par écrit, si possible sur un tableau afin que chacun puisse les noter, ainsi que dans un cahier tenu à la disposition de tous par un secrétaire de séance mandaté en début d’AG.
·    Il est également nécessaire d’être vigilant face aux arguments mettant en avant l’urgence d’une situation afin de faire adopter des positions à la va-vite, donc de nous forcer la main.

    Toutes ces idées sont très générales, c’est à chacun de nous de les mettre en pratique, de les faire vivre et évoluer selon nos propres choix. Et ayons bien présent à l’esprit le fait que puisque personne ne mènera nos luttes à notre place, il est tout à fait légitime que nous gardions le contrôle de nos mouvements : l’autogestion peut permettre cette organisation collective, et démocratique.


Dimanche 6 janvier 2008
 
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